Les Algériens et les produits agroalimentaires : La qualité, un enjeu

 La sécurité est aussi alimentaire. Elle ne se réduit pas à la protection des citoyens contre les agressions et les dangers de la délinquance. Aujourd’hui, la souveraineté d’un pays est conditionnée par sa capacité à assurer l’alimentation de ses habitants et à ne pas dépendre des marchés extérieurs. Un expert nous explique cette exigence et son importance dans un contexte de bouleversement de la géopolitique mondiale et préconise les moyens de la renforcer. La sécurité alimentaire dépend aussi de la qualité et du contrôle des produits que nous consommons. Nos journalistes ont interrogé des citoyens, mais aussi des commerçants sur les normes auxquelles doivent se soumettre les fabricants et sur les mesures de prévention qu’ils prennent avant d’acheter. Un médecin évoque enfin le risque potentiel des additifs.

La sécurité alimentaire est l’enjeu actuel qui suscite le plus un vif débat, notamment après le déclenchement du conflit Russie-Ukraine. Ce dernier a remis sur la table cette problématique, mettant en évidence les capacités des pays à assurer la sécurité alimentaire à leur population et constituer des stocks. Mais pas que. Les changements climatiques ont fait également de cette question un axe majeur sur lequel l’Algérie, à l’instar d’autres pays du monde, s’est attelée à assurer sa sécurité alimentaire. Avec le stress hydrique qui persiste depuis quelques années, la menace devient de plus en plus sérieuse. La sécurité alimentaire est inscrite au centre des préoccupations et même des stratégies du gouvernement mises en place. Elle est certes un enjeu de l’heure, mais aussi un défi à l’avenir. Car il s’agit surtout de créer des richesses et de préserver les ressources existantes au profit des générations futures. Dans ce domaine, le pays peut en être fier. Si l’on se réfère au dernier classement réalisé parle Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, l’Algérie se positionne première en Afrique en matière de sécurité alimentaire. Elle est, d’ailleurs, le seul pays dans le continent qui n’a pas connu la famine depuis son indépendance.
Dans sa dernière cartographie de la pauvreté, publiée récemment sur son site web, le PAM a classé l’Algérie dans la catégorie des pays dont le taux de personnes sous-alimentées est inférieur à 2,5% de la population totale, durant la période 2018-2020. Elle est le seul pays en Afrique à ne pas dépasser ce seuil. Mieux, l’Algérie est répertoriée dans la même catégorie que la majorité des pays européens, des Etats-Unis, du Canada, de la Chine, de la Russie, du Brésil et de l’Australie, entre autres. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO) définit la sécurité alimentaire «lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une nourriture saine dont la quantité consommée et la qualité sont suffisantes pour satisfaire les besoins énergétiques et les préférences alimentaires des personnes et dont les bienfaits sont renforcés par un environnement dans lequel l’assainissement, les services de santé et les pratiques de soins sont adéquats, le tout permettant une vie saine et active».
L’Algérie s’inscrit dans cette optique. L’effort devra être consolidé et orienté vers l’intensification de la production notamment agricole en vue d’atteindre l’autosuffisance et ne plus dépendre de l’importation. Les pouvoirs publics appellent à renforcer le rendement de la filière céréalière, mais aussi à renforcer les autres filières, à l’image de celle du lait qui est un produit de base. Avec la démographie galopante, l’Algérie n’a pas d’autre choix que de relever le défi de produire localement, mais aussi sainement. Il est vrai que les produits de base sont fortement subventionnés, mais il reste que l’alimentation des Algériens n’est pas diversifiée. Les prix des viandes comme ceux des fruits et légumes sont chers. La sécurité alimentaire a aussi ce sens de bien manger, car il s’agit d’une question de santé publique. Les consommateurs devront être vigilants quant aux produits proposés sur le marché. A leur risque et péril !
Wassila Ould Hamouda