Produits agroalimentaires : Les étals achalandés

Des produits de large consommation, tels que l’huile de table ou encore le sucre, étaient sous tension les semaines dernières, alors qu’ils sont désormais disponibles sur les étals, a-t-on constaté lors d’une tournée dans plusieurs commerces à Alger.

Alors que la crise de l’huile de table sévissait, accentuée par l’indisponibilité de plusieurs autres produits de large consommation, une commission d’enquête parlementaire a été créée autour de la pénurie de certains produits alimentaires pour déceler le pourquoi du phénomène. Une semaine plus tard, un retour à la normale est vite remarqué. Selon plusieurs consommateurs, les commerçants eux-mêmes profitaient de la situation et surenchérissaient sur les prix des bidons d’huile. «Il m’est arrivé de négocier un bidon dans une supérette à Aïn Naâdja, c’est inadmissible. Après signalement, le commerce a été fermé par les autorités compétentes», nous raconte Ilyes, un quadragénaire rencontré dans un commerce à Kouba. Selon lui, plusieurs épiciers vendaient l’huile à la tête du client et cachaient leur stock pour faire croire à une crise. «Ils procédaient de la même manière pour le sucre, le café et les bouteilles d’eau minérale, sûrement dans le but d’augmenter les prix», renchérit Ilyes. Néanmoins, ces pratiques ne sont pas généralisées, selon le commerçant. «Nous n’arrivions pas à nous approvisionner au niveau du marché de gros. Va savoir si eux également procédaient de la même manière !», rétorqua-t-il. Selon lui, le contrôle sévit ces derniers jours, notamment pour obliger les commerçants à vêtir une bavette mais également pour contrôler les prix et la disponibilité des produits. «Ce retour à la normale n’est pas opportun. Il y a manipulation forcément», estime le gérant de la supérette.
Au niveau de la place du 1er Mai, plusieurs commerces assurent avoir étoffé leurs étals en fin de semaine dernière. «Il y a certainement un manque de produits laitiers mais nous avons pu nous approvisionner en yaourts, fromages et autres dérivés. Sinon, pour les produits de première nécessité, tels que l’huile de table, le sucre et la semoule, tout est disponible en quantité suffisante», détaille Mohamed, un commerçant. Il nous apprendra que la semaine dernière, l’huile était introuvable au niveau des commerçants de gros. «Les réseaux sociaux ont fait augmenter la demande en remettant au goût du jour une éventuelle crise. Nous avions épuisé notre stock. Finalement, nous avons pu remplir les rayons», a-t-il poursuivi. Sur les éventuels causes de ces crises, le commerçant demeure dubitatif. Il les incombe aux fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux. «La crise sanitaire, financière et socioéconomique est une pression devenue constante. Les gens ont peur de ne pouvoir subvenir à leurs besoins élémentaires et il suffit d’une petite information, fausse qui plus est, pour réveiller ce sentiment d’appréhension», a-t-il souligné.
Walid Souahi