Produits cosmétiques : Le local fait de l’ombre aux marques internationales

Il y a quelques années, devant la variété des marques internationales dans les produits cosmétiques, les producteurs nationaux dans ce domaine avaient du mal à se faire une place sur le marché local.

Convaincus que la qualité des produits de marques internationales était bien supérieure à celle des gammes locales, les consommateurs boudaient carrément ces dernières. Toutefois, depuis que ce marché est touché par la contrefaçon, les consommateurs ont commencé à se détourner des marques internationales et à se rapprocher des produits nationaux. «En dépit de cela, l’affluence sur nos produits est restée timide jusqu’au jour où les pouvoirs publics avaient interdit l’importation des produits cosmétiques. Cela a poussé le consommateur à utiliser les produits locaux et à encourager des investisseurs à créer des entreprises dans ce domaine», remarque Narimane Ghadjaï, responsable commerciale de l’entreprise Cosmisad, spécialisée dans la fabrication des shampoings, entre autres. Au cours de ces deux dernières années, selon elle, une cinquantaine d’entreprises ont été créées dans ce domaine.
«Ce sont nos marques aujourd’hui qui font de l’ombre aux labels internationaux. En matière de qualité, nous sommes dans les normes et nos prix sont beaucoup plus abordables. Les consommateurs, quant à eux, n’appréhendent plus d’utiliser les produits cosmétiques locaux», dit-elle, assurant que l’ensemble des produits cosmétiques fabriqués localement sont aux normes internationales. Depuis que les consommateurs ont découvert les produits locaux, signale-t-elle, ils ne cherchent plus les produits importés. «Nos produits sont tout à fait exploitables étant aux normes en termes de contenus et d’emballage. Nous veillons à offrir un emballage innovant pour concurrencer les marques internationales sur le marché européen. Mais pour l’instant, nous visons surtout le marché africain», confie-t-elle. L’entreprise a déjà exporté vers la Libye et la Tunisie, et compte se lancer dans d’autres opérations à l’export en Mauritanie et en Côte d’Ivoire en 2022.
Libye et Tunisie : on apprécie le bio algérien
C’est une ambition que partage aussi la Sarl Karisens, spécialisée dans les produits cosmétiques et soins capillaires bio. «La Libye et la Tunisie sont les pays où les produits cosmétiques algériens sont les plus connus. En fait, on peut dire que nos marques commencent même à concurrencer les labels internationaux. Nos produits en tout cas, qui se distinguent par leurs formules bio et algériennes à 100%, peuvent concurrencer facilement ceux de l’Oréal, par exemple», soutient le directeur marketing de cette entreprise, Mounir Chihani. L’année prochaine, cette dernière compte exporter vers des pays d’Afrique et vers l’Espagne et la France. Sur le marché national, confie le représentant de cette entreprise, les produits de cette dernière ne sont pas assez connus à cause des marchands de gros qui appréhendent de mettre sur le marché des produits nouveaux.
«Il est plus facile de convaincre le consommateur à essayer un nouveau produit que les commerçants de gros. Dans certaines régions du pays, ils refusent carrément de distribuer nos produits par crainte que ces derniers ne soient vendus. Ils ne commercialisent que les produits qui sont déjà connus sur le marché. C’est pour cette raison que nous misons plus sur les ventes en ligne que sur le marché de détail», rapporte-t-il, signalant que leurs prix se comptent parmi les plus bas du marché. Il explique à ce propos que les prix, entre 100 et 500 DA, sont fixés en fonction du pouvoir d’achat des Algériens.
Ovins : Des races bio
Des instituts nationaux dans l’élevage font appel aux investisseurs et éleveurs locaux, afin de développer et de protéger les races ovines algériennes en voie de disparition. Il s’agit des races de moutons rouges et noirs notamment classées parmi les meilleures en termes de qualité. «Ces races ne sont pas les meilleures au niveau national seulement, mais au niveau mondial également. Le mouton rouge surtout qui est de qualité supérieure et peut être élevé dans n’importe quelle condition climatique. Il est très résistant au froid,à la grosse chaleur et même à la faim», indique le représentant de l’Algérienne des viandes rouges (Alviar), Adlane Bouchaïb.
Cette entreprise compte conclure un partenariat avec des centres d’élevage pour prendre part à cette opération et mettre sur le marché le plus grand nombre possible de ces races. «Le but de la présence de ces centres à cette Foireest pour encourager des investisseurs à prendre part à cet effort. Ainsi, les consommateurs auront le choix entre plusieurs races ovines et à des prix moins élevés, puisque l’élevage de ces races ne nécessite pas de gros investissements», dit-il. Il a précisé, à ce propos, que ces races sont élevées en pleine nature et se nourrissent de pâturage. «Ces races sont élevées d’une façon naturelle et ne nécessitent pas de gros investissements dans l’alimentation de bétail notamment. On peut donc dire qu’il s’agit d’ovins bio. Plus les investisseurs seront de la partie, plus le marché de bétail sera renforcé en ovins et plus on ira vers l’autosuffisance en viandes rouges», assure-t-il. Par ailleurs, ce type d’élevage, souligne-t-il, réduira la contrebande du bétail au niveau de nos frontières vu que ces races ne sont élevées qu’en Algérie. Elles sont donc reconnaissables. D’une façon générale, il estime que le marché de bétail s’améliore et progresse en matière de contrôle. Il espère, toutefois, que les pouvoirs publics accompagnent davantage les éleveurs en matière d‘aliments de bétail surtout qui dépendent du marché mondial et des aléas du climat.
Farida B.