Produits subventionnés : Une lourde facture

Sucre, lait et huile. Trois produits indispensables pour la confection de confiseries. Issus principalement de l’importation, ces ingrédients reviennent très cher à l’Etat qui puise du Trésor public pour couvrir les frais d’importation qui eux sont loin d’être «sucrés».

La facture est importante, voire même très salée. Pour ne citer que la poudre de lait, Algérie a importé près de 200.000 tonnes en 2021 pour un montant de 600 millions de dollars. L’Algérie figure aussi parmi les plus gros importateurs de blé dans le monde dont 60% des achats se font sur le marché international. Pour la consommation nationale, l’Etat intervient encore pour subventionner ces produits précités. C’est ce qui engendre, en tout évidence, des dépenses qui ne sont pas des moindres. Pour les consommateurs, malgré la subvention, le prix des confiseries reste exorbitant et elles ne sont pas à la portée de tous. Faut-il revoir le mode de distribution des produits subventionnés pour rationaliser leur utilisation ? Selon l’expert en économie, spécialisé dans les finances, Souhil Meddah, «une telle régulation du marché doit impliquer et sans exception tous les agents économiques. Il ne faut pas se limiter au rôle de l’administration ou des opérateurs qui ne représentent que la face institutionnalisée dans tout un marché qui commence à partir du simple consommateur.
La révision du mode de distribution ne peut être déclenchée dans un sens unique, il s’agit aussi de la problématique de la consommation qui est mal maîtrisée sur les espaces marchands intérieurs». D’après Meddah, «il serait d’ailleurs plus utile d’associer plusieurs secteurs y compris les domaines de la communication et de l’enseignement pour éduquer et sensibiliser les consommateurs sur la nécessité de limiter la consommation des produits de base. Par exemple d’expliquer aux enfants d’aujourd’hui qui sont les pères de famille de demain, que la surconsommation de pain est aussi nuisible à la santé que le sucre ou le tabac.»
Difficultés
L’Etat devrait trouver des mécanismes pour freiner l’utilisation abusive des subventions. Faut-il les arrêter? «Il s’agit d’une question fondamentale qui demeure provoquée par les effets d’une généralisation des subventions ou des prix subventionnés par rapport aux autres produits de base, qui indirectement donnent des ressources en approvisionnement appartenant aux mêmes familles des intrants», explique-t-il. Cette diversité dans les produits tient compte généralement des labels ou des zones dans lesquelles les produits offerts sont les plus demandés, ce qui fait que le facteur gain sur les plans marketing et commercial répond naturellement aux règles élémentaires du secteur commercial pendant que les coûts sur les intrants ne s’adaptent pas aux mêmes principes faute de disposer des instruments nécessaires de contrôle et de gestion de ces activités ou de ces espaces».
Et d’ajouter dans le même sens : «à cet égard et par rapport à cette problématique, qui reste conditionnée par les effets des bénéfices à la fois sur les subventions implicites en même temps que la réaction du marché, il serait plus avisé d’ouvrir ou de libéraliser tous les segments avec leurs prix, contre une meilleure qualité qui permet au consommateur d’éviter le gaspillage en consommant les produits de base de façon rationnelle d’une part. Il s’agit aussi de limiter la contribution monétaire de la politique des subventions.»
Wassila Ould Hamouda