Profil-En un patchwork de couleurs : Les tableaux flottants de Cherif Belzina

Réussir son parcours professionnel en tant qu’autodidacte semble le cas de beaucoup d’artistes et artisans qui exposent aux box des Nouvelles arènes d’Oran. Après Khaled Talebi, c’est au tour de Cherif Belzina, artiste peintre, de faire l’objet de ce portait. D’une simple attirance par les belles couleurs à l’univers de la palette, Cherif a eu l’occasion de côtoyer les «monstres» de la peinture. Il s’inspire, beaucoup plus, des couleurs imprimées sur les tissus, dont les drapeaux des délégations sportives censées prendre part aux JM-2022. Il y voit ses tableaux flottants. Spécialisé dans le style arabo-berbère, l’artiste adopte une expression autour de l’identité algérienne autochtone. Quant aux couleurs introduites dans les tableaux, Cherif se laisse attirer par les nuances mettant en avant le style précité. Puis, il les traduit en œuvres artistiques réalisées dans le graphisme et la peinture. «J’habite dans la nouvelle ville connue par la multitude des couleurs qui décorent ses boutiques et marchés. Les foulards, les tissus, les rubans et dentelles m’inspirent. C’est à partir de ce patchwork de couleurs que je me suis construit un art», témoigne-t-il. Cherif a fait des expositions un peu partout, notamment à Oran. «J’ai exposé récemment à Tlemcen et à Aïn Témouchent, sans compter les nombreux centres culturels et les galeries», précise-t-il. Aussi, Cherif a-t-il pu bénéficier, affirme-t-il, d’une acquisition, en don, au Musée des arts modernes d’Oran (Mamo). En 2010, il a été en France en compagnie de peintres de l’Hexagone de renom tels que Robert Combas et Signac. En 2015, il y expose aussi en hommage à l’artiste américain très coté, Andy Warhol. Ce dernier, précise-t-il, est spécialiste de l’art contemporain américain. Dans les couloirs de ces galeries, l’autodidacte a eu l’opportunité de côtoyer et de se frotter aux artistes peintres professionnels. «Une expérience très enrichissante», estime-t-il. Et à l’occasion des JM-2022, Cherif Belzina s’apprête à prendre part à plusieurs activités culturelles prévues en parallèle de la grande manifestation sportive. «C’est un grand évènement, et ça nous fait plaisir d’y assister et d’y participer», se réjouit-il. La première des choses qui captive l’attention de Cherif dans les préparatifs, en œuvre, des JM, c’est les couleurs des drapeaux qui flottent et ornent les grandes artères d’El Bahia. «En tant qu’artiste peintre du style moderne, je suis très attiré par ces drapeaux. J’ai tant rêvé de voir une telle manifestation se tenir à Oran, et quand je vois les emblèmes flottants, je vois mes tableaux qui flottent», conclut-il, excité de joie. En tout cas, les JM d’Oran ne peuvent être qu’une opportunité profitable à bien des égards, notamment pour l’essor du tourisme et de l’artisanat, inséparables de la culture et des arts.
 A. M.