Profil-Mohamed Hama, accompagnateur touristique :Un guide aux JM

Il n’est pas doté d’un niveau d’instruction très élevé. Mais à force de lire, de se documenter, il a acquis des connaissances solides sur l’histoire et sur le patrimoine. Depuis qu’il est tout petit, tout ce qui a trait au patrimoine le passionne. Mohamed Hama, agent de sécurité et guide au fort Rosalcazar, se souvient du jour où, tout petit, il découvre la civilisation pharaonique au National Geographic. «J’en étais complètement fasciné. Jusque-là, je ne m’intéressais pas du tout au patrimoine. Mais depuis que je suis tombé, par hasard, sur une émission consacrée aux pharaons, le patrimoine est devenu une passion», se rappelle-t-il. Il s’est intéressé à toutes les civilisations pratiquement dont celles qui sont passées en Algérie, à Oran en particulier. A Sidi El Houari, son quartier, il ne manque pas de s’intéresser aux différents sites historiques dont ce quartier est riche, le fort Rosalcazar notamment, qui abrite aussi une citadelle et le palais du Bey. «En fait, je n’ai véritablement visité ce site que des années plus tard, quand j’ai décroché un poste d’agent de sécurité dans cet endroit. C’est grâce à ce métier que j’ai pu le découvrir de plus près», dit-il. Il a décroché ce poste grâce à un concours lancé dans le quartier. «Certes, mes motivations premières étaient essentiellement financières, mais je rêvais de travailler dans un tel endroit, riche en sites touristiques», confie-t-il. Une fois à son poste, il y a dix ans de cela, il entreprend de «fouiller» les lieux de fond en comble par curiosité passionnelle. «Ce fut une véritable partie de plaisir. Je connais ce site par cœur. Je ne me suis pas contenté de le découvrir de visu. Je me suis documenté là-dessus. J’ai emprunté des livres de la bibliothèque que je dévorais pratiquement quand il n’y avait pas de visiteurs. C’est ainsi que j’ai découvert, par exemple, que contrairement à ce que beaucoup pensent, le palais du Bey n’en est pas un, mais juste une résidence secondaire», souligne-t-il. Puis il suit des formations de guide touristique et décroche un diplôme d’accompagnateur. Il est même retenu guide pour prendre part aux programmes de visites dégagé dans le cadre des Jeux méditerranéens (JM). «J’ai une double casquette : agent de sécurité au fort et guide local. On fait appel à moi quand des délégations nationales ou étrangères passent dans la région. Au JM, nous allons accompagner les délégations en visite aux Bains turcs, Santa Cruz, Portes d’Oran, Palais du bey, Santa Maria et le tombeau de Saint José, entre autres», révèle-t-il.
 F. B.