Projet des 444 logements LSP à Souidania: Entre acquéreurs et promoteur, rien ne va plus

Que se passe-t-il au niveau du site du projet des 444 LSP de Souidania? Entre les acquéreurs et le promoteur, la tension est grandissante.

Les premiers accusent le second d’avoir failli à ses engagements contractuels.
Ce dernier se plaint de «blocages administratifs» qui retardent l’achèvement du projet. Président de l’association «El Mostaqbel» des bénéficiaires du projet, Ahmed Beldia dénonce le retard du projet, pourtant lancé en 2006. «Les logements n’ont toujours pas été livrés aux bénéficiaires. Et leur attente est interminable», s’indigne-t-il.
«Le projet a cumulé beaucoup de retard et la plupart des acquéreurs sont obligés de louer. Certains ont déboursé, il y a déjà 15 ans, environ 700 millions», confie-t-il sur un ton de regret. Lui-même attend son logement depuis 12 ans. «Je suis inscrit au programme depuis 2009. J’ai payé et dans les délais, la totalité des sommes convenues», confie notre interlocuteur. «J’ai le contrat…mais pas le logement», lâche-t-il. Il soupçonne la gérante de la promotion immobilière El Mustapha (Spim) de tenir le projet en en otage pour,dit-il, «exercer des  pressions sur l’administration qui doit lui régler des problèmes au niveau du projet 563 LSP à Souidania». Il regrette que la wilaya d’Alger ait manqué de fermeté avec elle. «L’ancienne n’a pas été à la hauteur de la responsabilité placée en elle par l’Etat», regrette-t-il. «Nous avons frappé à toutes les portes dans l’espoir d’inciter le promoteur à relancer les travaux. Nous avons épuisé toutes les voies de recours auprès des services compétents pour faire entendre notre voix. Malheureusement, nos appels n’ont pas abouti», déplore-t-il. A l’en croire, une association pour défendre les droits des acquéreurs a été créée l’an dernier. «Nous avons tenu la première rencontre avec le promoteur, en novembre 2020. Celui-ci nous a promis de livrer nos logements dans un délai d’une année. Depuis, nous n’avons rien vu venir et le projet stagne», raconte-t-il. Beldia fait savoir que les taux d’avancement des travaux de réalisation sont compris entre 50, 70 et 85%. «Toutefois, des lots notamment, le 5 inférieur, 6 et 6 bis n’ont pas encore démarré, et les 7 et 8 sont réalisés sans VRD», tient-il à préciser. Beldia soutient que le projet des 444 logements ne souffre d’aucune entrave. «Nous avons appris auprès de la direction du logement de la wilaya d’Alger que tous les problèmes sont résolus», précise Beldia qui se dit convaincu que le promoteur veut gagner du temps. Face à une telle impasse, la justice a été saisie.Trois  plaintes ont été déposées près le  tribunal de Koléa et la première audience a été programmée le 12 décembre dernier. La direction du logement a envoyé une mise en demeure à la promotion lui intimant l’ordre de reprendre les travaux dans un délai de huit jours. «Alors que nous nous attendions à  une reprise des travaux, affirme Beldia, le promoteur nous a surpris par sa réponse parue dans un journal  justifiant le retard par des entraves bureaucratiques qu’il a imputées à l’administration». Selon lui, «elle s’est enfoncée davantage car elle a reconnu que toutes les contraintes sont levées   depuis 2016 ». «Pourquoi  les travaux ne furent pas  entamés alors ? Cela fait tout même  5 ans », s’étonne l’acquéreur.

Réponse et clarifications du promoteur
La gérante de la promotion immobilière «El Mustapha», Houria Bouhired, ne se laisse pas démonter. «Monsieur Beldia qui figure dans le programme des 180/444 logements devrait en tant que président de l’association s’occuper de tous les adhérents au lieu de se pencher uniquement sur son problème personnel», tient-elle à souligner.
Et de préciser: «Sur le programme en question,une dette de 28 milliards de centimes reste impayée à ce jour. Par contre, pour les  acquéreurs qui ont leurs logements, ces derniers sont  achevés ou en voie d’achèvement». Mme Bouhired reconnaît néanmoins des cas particuliers comme celui de Beldia. «C’est à cause de la réalisation et de l’achèvement du monolithe dont les travaux ne sont même pas réceptionnés», ajoute-t-elle. Elle n’hésite pas à parler de «diffamation». «Le président de l’association El Mostaqbel au lieu de diffamer sur les dates et la situation du site devrait se tourner vers les acquéreurs qui ne s’inquiètent pas sur le paiement de leurs logements pour nous permettre d’achever les travaux. N’est-ce pas là l’objet de la création de son association ?», s’interroge-t-elle.
H.