Projet Solar 1.000 MW : Des incitations financières pour les investisseurs

L’appel à investissement international pour le projet de réalisation Solar 1.000 mégawatts (MW) devra être lancé à la mi-juin prochain. Il devra passer d’abord en Conseil de gouvernement pour adoption. Le coût de la production a toujours été un souci pour les investisseurs qui soulignent, à chaque consultation, la compétitivité des énergies renouvelables, mettant en avant le prix de revient beaucoup plus supérieur par rapport aux prix de vente.

Rencontré samedi à Laghouat où s’est déroulée la journée d’information sur le lancement de la première phase de ce mégaprojet, à savoir la réalisation de 1.000 MW, le directeur général des énergies renouvelables au ministère de la Transition énergétique, Fouzi Benzaïd, a signalé que le cahier des charges prévoit des incitations financières pour attirer l’intérêt des investisseurs. «Nous avons travaillé avec le ministère des Finances pour arriver à une solution la plus adéquate», a-t-il souligné, indiquant que l’idéal étant d’aboutir à un coût du kilowatt heure le plus bas pour qu’il n’y ait pas de surcoût et solliciter ainsi le Trésor public. Toutefois, il a fait savoir que le paiement des surcoûts est prévu dans le cadre du fonds pour la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. «Nous avons préparé tout le terrain pour que les investisseurs proposent un coût le plus bas possible, et c’est celui-là qui sera retenu lors de l’ouverture des plis devant intervenir le 15 juin», a indiqué le directeur, tout en mettant en relief l’importance que revêt ce projet qui marque le coup d’envoi de tout un programme qui a pour finalité la réalisation du mix énergétique dans un futur très proche. Même si l’appel à investissement est international, la condition sine qua non est le recours à 80% à la main-d’œuvre locale (réalisation, exploitation, maintenance, entretien…). Ceci dans l’optique de réaliser un taux national d’intégration de 30% dans un premier temps, qui permettra de lancer une industrie locale spécialisée.
Désertec, un projet mort-né
Le responsable a expliqué que l’investisseur, national ou étranger, devra financer lui-même le projeta vec 20% sur fonds propre et 80% de crédits. Il a expliqué qu’auparavant, l’Etat était le maître d’ouvrage et il lui revenait de supporter tous les risques. La tendance a changé, a-t-il dit, insistant sur le financement par l’investisseur. Sur l’injection de la production des énergies renouvelables dans le réseau électrique, il a fait savoir que la contrainte majeure est la disponibilité des ouvrages électriques. «Cela n’est pas faisable», reconnaît-il. Et de relever qu’il n’y a que l’Allemagne qui a pu injecter 60%. Qu’en est-il du projet Desertec ? Le responsable a souligné que «Desertec n’était même pas un projet, mais une idée abandonnée par ceux qui l’ont initiée». Le secrétaire général du dit ministère, Bouzine Mahnah, a expliqué, pour sa part, que Desertec n’était «qu’une idée fausse dès le début» et loin d’être bénéfique pour l’Algérie, dans la mesure où il était question d’installer des centrales solaires et de transférer la production vers l’Europe, sans créer un marché d’emplois pour les ingénieurs algériens ni assurer le transfert technologique.
Wassila Ould Hamouda