Transition énergétique : A l’ère du renouvelable

Laghouat a abrité, ce samedi, une journée d’information sur la promotion du projet Solar 1.000 MW, à laquelle ont pris part les ministres de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, de l’Energie et des Mines et de l’Industrie.

Des organisations patronales, dont la CAPC, le cluster énergie solaire et des investisseurs privés et publics étaient également présents à l’événement qui marque le lancement du programme de la transition énergétique. Cinq wilayas, Laghouat, Touggourt, Ouargla, El Oued et Béchar en l’occurrence, accueilleront la réalisation de centrales photovoltaïques, d’une capacité de 50à 300 MW, dans le cadre d’un projet ambitieux. Pour le ministre de la Transition énergétique, celui-ci permettra au pays d’économiser 100 millions de dollars par an. «La rencontre intervient un mois avant le rendez-vous fixé pour l’ouverture des plis des offres pour la réalisation du projet Solar, première phase du plan d’action du gouvernement, en exécution des directives du président de la République qui accorde un intérêt particulier à la transition énergétique et aux énergies renouvelables», a affirmé Ziani Benattou.
Un gain  de 100 millions de dollars annuellement attendu
Le projet permettra la création de 5.000 emplois directs, en plus de la production annuelle de l’équivalent de 2.200 GWh d’énergie électrique via les énergies renouvelables. «Plus de 550 millions de mètres cubes de gaz naturel préservés, autrement dit 100 millions de dollars/an au minimum, seront économisés», a ajouté le ministre pour qui «le projet s’inscrit en droite ligne des engagements de l’Algérie dans le cadre des accords internationaux relatifs aux changements climatiques».
«La première phase permettra d’éviter l’émission de 1,3 million de tonnes de gaz à effet de serre par an, représentant un gain financier de 70 millions de dollars», a-t-il ajouté. Le ministre a fait savoir que la journée d’information s’inscrit dans le cadre du programme national de transition énergétique et de la stratégie de développement du contenu local dans le cadre du plan de développement national des énergies renouvelables qui comprend le grand projet de 15.000 MW.
Les investisseurs appelés à s’impliquer
La première phase, dont l’appel à investisseurs a été lancé le 23 décembre 2021,consiste en la réalisation et l’exploitation de plusieurs centrales solaires photovoltaïques d’une capacité de 1.000MW, d’installations d’évacuation et de raccordement des centrales au réseau électrique national, la commercialisation de l’énergie produite issue de ces centrales, l’utilisation optimale et de services locaux pour la construction, l’exploitation et la maintenance des centrales et des dispositifs d’interconnexion externes.
Benattou fera savoir que Solar 1.000 MWa pour objectif d’atteindre un taux national d’intégration de 30% dans un premier temps, ajoutant que ceci va rendre possible le lancement d’une industrie locale spécialisée et l’augmentation du taux d’intégration dans les prochaines étapes des 14.000 MW prévus dans le programme pluriannuel des énergies renouvelables. Les investisseurs sont appelés, a-t-il dit, à s’impliquer.
Pour sa part, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, a indiqué que ce projet «aura un impact significatif sur le cours du développement économique, social et environnemental, qui appelle la nécessité d’unir tous les efforts pour relancer la dynamique d’une industrie locale et relever tous les défis auxquels est confronté le secteur des énergies renouvelables, afin de prendre en charge les préoccupations des opérateurs industriels et créer un environnement d’investissement attractif pour favoriser l’investissement dans ce domaine vital, producteur de richesse et d’emplois». Le ministre a rappelé le protocole d’accord dans ce cadre entre les deux ministères pour rationaliser la consommation d’énergie dans le secteur industriel en avril 2021, à la suite duquel plusieurs projets communs ont été lancés, entre autres, la fabrication locale de chauffe-eau solaires, de panneaux photovoltaïques, l’utilisation de la biomasse dans la production de certains matériaux, notamment le ciment. «L’Algérie dispose de capacités industrielles et humaines qui la qualifient pour devenir un leader dans la fabrication de panneaux photovoltaïques et pour élever les capacités de production dans ce domaine à des niveaux supérieurs qui lui permettent d’incarner l’ambitieux programme national solaire 1.000 MW et d’augmenter le contenu local par la réalisation d’une industrie locale à un rythme supérieur». Tout en mettant l’accent sur le développement des compétences humaines, le ministre de l’Industrie a fait part d’une convention-cadre de post-graduation dans le domaine de la transition énergétique et de l’efficacité énergétique, signée en mai 2021. Il a indiqué que son département «travaille à l’élaboration d’un plan d’action lié à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables pour le secteur industriel, en coopération avec le ministère de l’Energie et le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, en activant le programme d’appui aux énergies renouvelables avec l’Union européenne, et à travers elle plusieurs ateliers ont été organisés dans le but de coordonner les efforts pour réaliser le plan d’action national pour l’efficacité énergétique 2021-2025».
Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a souligné que l’Algérie recèle de fortes potentialités en énergies renouvelables, particulièrement solaire, qui nécessitent d’être valorisées. Son département s’inscrit dans la volonté de réussir ce projet, première expérience dans notre pays.
Priorité pour la main-d’œuvre nationale
Sami Agli, président de la CAPC, a appuyé les propos du wali de Laghouat qui a soutenu, à l’ouverture de la rencontre, que «la transition énergétique n’est nullement un choix, mais un passage obligatoire qui répond aux exigences du contexte national et mondial».
Lors du débat, les intervenants ont mis l’accent sur le nécessaire impératif d’ouvrir des centres de formation au profit des jeunes du Sud dans le domaine. Les investisseurs ont saisi l’occasion pour soulever leurs préoccupations, notamment d’ordre technique. Le ministre de la Transition énergétique a rappelé qu’une exigence est mentionnée dans le cahier des charges qui oblige les investisseurs à recourir uniquement à la main-d’œuvre algérienne.
De notre envoyée spéciale : Wassila Ould Hamouda

Arkab : «Les pouvoirs publics accordent un intérêt soutenu à la réussite du projet Solar 1.000 MW»

 Le ministre de l’Energie et des Mines,  Mohamed Arkab a affirmé, ce samedi à Laghouat, que les pouvoirs publics  accordaient « un intérêt soutenu » à la réussite du projet Solar 1.000 MW pour la production l’électricité à partir de l’énergie solaire.

Lors d’une journée d’information sur la promotion du contenu local dans le cadre de cet ambitieux projet, le ministre a fait état de la disponibilité de tous les moyens nécessaires à l’installation de centrales  photovoltaïques en Algérie, généralement de fabrication locale, soulignant l’importance des postes d’emplois pouvant être créés grâce à ce projet qui permettra d’augmenter la part des énergies propres dans le mix énergétique  national.
A cette occasion, le ministre a appelé les entreprises locales, publiques et privées, à participer activement à ce projet, le cahier des charges imposant aux investisseurs d’adopter un taux d’intégration nationale, ce qui permettra d’encourager, de promouvoir et de renforcer le tissu industriel de la wilaya, de créer des opportunités d’emplois supplémentaires et d’élargir le portefeuille des projets des industriels locaux activant dans les énergies renouvelables.
L’Algérie est en train d’élaborer un nouveau modèle économique basé sur la science et la connaissance, qui aura entre autres supports la transition énergétique, a-t-il ajouté.
La politique d’intégration nationale figure parmi les priorités des pouvoirs publics, a souligné M. Arkab, ajoutant que les entreprises publiques et privées sont appelées à redoubler d’efforts pour améliorer les capacités de production et l’efficacité en vue de promouvoir la production nationale et de réduire le volume des importations.
Le ministre a mis l’accent sur la nécessité d’appuyer le contenu local pour développer les capacités nationales industrielles et assurer le matériel et les intrants de manière à assurer une intégration complémentaire pour le développement des énergies nouvelles et  renouvelables, en faisant appel aux universités, aux centres de recherche, aux start-up et aux petites et moyennes entreprises.
Pour concrétiser cette démarche, M. Arkab a rappelé que l’Algérie disposait d’un grand potentiel en ressources d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, ce qui exige leur valorisation en tant que  source de croissance économique et de développement durable, pour répondre  à la demande croissante sur l’énergie.