Aux QG des partis politiques : Dans la sérénité

Les partis politiques  n’ont pas semblé ressentir une grande appréhension quant aux résultats des échéances locales. Au niveau des QG du RND, du FLN, du FFS et du MSP, les équipes mobilisées, ainsi que des candidats, affichent une mine tranquille, voire très zen.

A 10h30 du matin, le QG du RND est pratiquement vide. Les équipes sont toutes sur le terrain, de même que la plupart des candidats. «Ils veillent au grain», confie l’un des membres du parti. Dans la grande salle qui sert de quartier général, un petit groupe est chargé de mettre en place la logistique nécessaire pour suivre de près l’opération de vote et recueillir les informations et données transmises par les représentants dans chaque wilaya et commune. Un immense tableau occupe l’un des angles de la salle pour noter, au fur et à mesure que l’échéance électorale avance, des statistiques mais aussi d’éventuels dépassements ou défaillances constatés dans les 58 wilayas. D’ailleurs, des dépassements sont d’ores et déjà notés au niveau de la capitale. «Nos équipes nous ont fait part de la fermeture de certains centres de vote en raison de la non-disponibilité de bulletins de vote du RND. C’est un grave dépassement. En fait, quand on remarque un dysfonctionnement ou un dépassement, on tente de le résoudre au niveau local mais si on n’y arrive pas, on fait appel à l’Anie», explique-t-on tandis que l’une des candidates du parti s’enquit de la situation. Il s’agit d’Imen Laraba, prétendante à l’APW d’Alger. «Je suis très positive et très confiante car notre parti n’est plus à connaître. Nous avons une expérience du terrain et nous sommes sûrs d’apporter beaucoup aux citoyens. Dans les zones d’ombre surtout où nous avons été choqués de voir des citoyens privés du minimum alors qu’ils vivent au cœur de la capitale», souligne-t-elle.
FFS : « Un devoir patriotique »
Au siège du FFS, l’ambiance est monotone. La salle qui fait officie de QG ne sera opérationnelle qu’à partir de 12h. «Pour nous, les conditions de ces échéances ne sont pas toutes réunies. Mais nous avons décidé d’y prendre part par patriotisme. Notre pays est cerné par des dangers et nous devons consolider nos positions internes en mettant de côté nos divergences», insiste le responsable d’Alger du parti, Yahia Cherif. Cela ne l’empêche pas de suivre l’opération de vote de près pour recenser surtout le taux de participation. Il confie ne pas compter uniquement sur les estimations de l’Anie. «Nos équipes sur le terrain font les calculs nécessaires mais aussi pour nous rapporter les dysfonctionnements. La fermeture des centres de vote à Birkhadem, l’un des fiefs du FFS, à cause de l’absence de bulletins de vote du RND, nous pénalise grandement», dit-il, déplorant, par ailleurs, que certains candidats d’autres partis appellent des électeurs à voter pour eux au niveau des centres, alors que c’est interdit par la loi.
Au MSP, une cinquantaine de membres, tous des jeunes, papillonnent d’une salle à une autre pour récolter et transmettre les informations. Dans la salle principale, immense, une trentaine de personnes activent, pleines d’entrain, dans une ambiance bon enfant. Elles ne se contentent pas de «butiner» des informations par téléphone ou à travers les réseaux sociaux mais s’adressent directement à leurs représentants via l’application zoom. «Nos équipes sont sur place depuis vendredi. Elles ont passé la nuit à tout préparer et resteront ici jusqu’à demain pour suivre toutes les étapes des élections électorales», rapporte Fatima Saïdane, membre du bureau national. Pour le responsable de la communication du MSP, Nacer Hamadouche, les résultats de ces échéances seront plus importants par rapport à ceux de 2017. Si le taux de participation ne sera pas important, selon lui, ce n’est pas parce que les citoyens ne font pas confiance aux partis politiques. «Ils ne font pas confiance à ceux qui sont chargés d’organiser et de surveiller les élections», signale-t-il. Si le MSP occupe toujours une  position forte sur la scène politique, soutient-il, c’est parce que des citoyens ont foi en lui. «C’est pour cette raison que nous restons positifs, que nous prenons part à toutes les échéances électorales. En matière de sièges, aux APW ou APC, nous avons toujours été parmi les premiers», conclut-il. Au QG du FLN, par contre, l’ambiance est plutôt «bureaucratique». Le staff administratif et des moyens généraux occupent les lieux tandis que les candidats et les équipes de la communication sont sur le terrain ou bien en train d’accomplir leur devoir électoral. «Le FLN est un parti qui a toute une histoire et toute une symbolique», soutient le staff administratif, occupé à contacter les représentants du parti sur le territoire national.
Farida Belkhiri