Recherche scientifique : La clé du développement

La recherche en Algérie ne se conçoit pas sans un lien avec le développement qui définit ses priorités. Comment envisager l’essor d’une économie, la satisfaction des besoins dans des domaines comme la santé ou l’autosuffisance alimentaire sans s’appuyer sur les travaux menés dans des centres de recherche à l’intérieur et à l’extérieur de nos nombreuses universités. Certes, les moyens limités et l’atmosphère au sein des structures ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. Mais beaucoup de chercheurs ne rêvent pas d’aller ailleurs quand certains ne finissent par revenir au bercail ou aident ceux qui sont restés au pays. L’Etat, de son côté, s’emploie aussi à en réunir les moyens, car les programmes nationaux de recherche ont défini le cap et la stratégie. A la faveur de l’installation du Conseil national de recherche, nos collaborateurs reviennent sur ce qui est attendu de cette structure et font parler ceux qu’intéresse l’état de la recherche.

Le président de la République s’est engagé, depuis son investiture, à accorder à la recherche scientifique la place qu’elle mérite. Négligée par le passé, celle-ci s’érige désormais au rang d’une des priorités du gouvernement. L’installation, ce samedi, du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies, dont le rôle principal est de  faire progresser la connaissance est une nouvelle preuve. La recherche scientifique tend à devenir le pivot de la relation entre institutions de savoir et  de la production et un élément clé du système socio-économique.
Pour rattraper les retards et se mettre au diapason de l’économie de la connaissance, les institutions de la recherche scientifique sont appelées à s’adapter aux nouvelles exigences de l’heure pour devenir de véritables leviers de développement. Il est désormais question de cibler «la qualité» en matière de recherche, d’innovation et de gouvernance en valorisant le potentiel d’encadrement dans les centres de recherche et universités.
L’autre ambition de la nouvelle vision consiste aussi à prévoir de nouveaux dispositifs à travers la révision du statut de l’enseignant-chercheur pour parvenir à l’harmonisation entre les prestations effectuées et les nouveautés introduites dans les systèmes de formation et de recherche dans un contexte de mondialisation.  Le  gouvernement envisage également de doter le système national d’enseignement national et de recherche d’une agence nationale d’assurance qualité en tant qu’organe d’accréditation des offres de formation et d’évaluation des activités des établissements universitaires de formation et de recherche, de mettre en place aussi une agence d’authentification et d’équivalence à l’instar de ce qui dans le monde et poursuivre ainsi le processus de numérisation du secteur par le biais d’un système d’information intégré couvrant les activités pédagogiques de recherche et de gouvernance. En somme, tout a été planifié pour faire sortir le secteur de sa léthargie.
Dans un passé très récent, le niveau de financement de la recherche scientifique en Algérie était parmi les plus bas au monde. Notre pays lui consacre annuellement 0,35% du produit intérieur brut (PIB), l’équivalent de 35 millions de dollars. Pourtant, les mutations durant cette dernière  décennie exigent davantage de moderniser un outil sans lequel on ne peut entrevoir et envisager de développement.
Il faut renforcer le potentiel scientifique de notre pays considéré, comme l’un des moins développés dans le monde. Certes, l’Algérie dispose d’importantes infrastructures mais le facteur humain demeure  négligé. La volonté politique est aujourd’hui affichée, il suffit juste de mettre fin aux velléités d’encadrement bureaucratiques qui ont brisé tant de carrières. L’acquisition de la connaissance rehausse l’homme et les pays.
Karima Alloun