Récital de Noureddine Saoudi au palais de la culture : Parfaite symbiose avec le public

 Après plus de 5 années d’absence le compositeur et interprète de musique andalouse, Noureddine Saoudi, a renoué avec la scène et le public, à l’occasion d’une soirée organisée, samedi, au Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger.

Accompagné d’un jeune orchestre ,composé d’un claviériste, un flutiste, deux violonistes et deux percussionnistes, il entame avec des extraits de la nouba Dil. Saoudi instaure dès le début un dialogue avec son public avec lequel il partage la passion de la musique andalouse. Tout au long de la soirée il explique ses interprétations et donne à son auditoire des informations sur les modes et airs qu’il interprète.
Le premier extrait est un Neqlab de la nouba Dil intitulé «Fi al qalbmaoudaa li al habib».  Il est suivi de Derdj avec des titres tels que  «Khatem li saadi», «Malakni al hawa», «Houm fi hal». La nouba se termine sur une série de Khlass comme «Rymramatnisihamouha» pour finir avec «Laqaytouha fi tawafitassaa».Pour cette première partie, explique Saoudi, «c’est une touchiaDil. Un style qui n’existe pas à Alger,r apporté de Tlemcen par le maître Abdelkrim Dali,et qu’AbderazakFakhardji a adopté et transmis à ses élèves».
Dans la seconde partie du récital, Saoudi choisit des morceaux de Haouzi comme «Ya taleb», «Ya al ouahedkhaleqlaabad» «Al kaoui», «Selmou ya leryamFezzine».  L’artiste réussit à mettre son public dans le bain et l’invite à chanter avec lui, chose que le public fait avec un talent et plaisir.
La troisième partie du spectacle débute par un Moualoù la formation joue «Qom tara» avec la participation enthousiaste  du public. Il enchaîne ensuite en mode Sihli avec des titres comme «Ya qalbikhelli el hal», «Qolou l Yamna». Soaudi gratifie son public d’une chanson en espagnol puis reprend avec «Sifetechamaa, el kendil ou Thria» pour finir cette troisième partie de son spectacle avec «Sellihoumoumek».
La dernière partie du spectacle Saoudi l’a voulue plus rythmée avec des titres puisés du répertoire chaâbi avec des rythmes variés.  Il entame avec «Ya dzayerlik n’oud», un hymne à la patrie joué sur un air de roumba. «Tgharabt ou mchit» le second titre de la seconde partie est également dédié à l’amour du pays.  «Mazghadniillafraq el mahboub» «MahlaAynik», «kan maakoumdjat» s’enchaîne pour le plaisir de l’assistance. La soirée s’achève sur un «Bkaoualakhir» que l’orchestre mené par Saoudi joue crescendo.
Abordé avant le début de la soirée, Saoudine parle pas encore d’un retour à la scène et il affirme que cette soirée est pour lui un test pour jauger ses reflexe d’artiste qui ont été quelque peu délaissés ces dernières années pour  d’autres obligations et responsabilités. Mais la réussite et le talent ont été au rendez-vous et les ovations du public et les youyous sont une preuve de succès. «Pour le moment il n’y a pas d’autres dates que celle-ci», déclare Saoudi et cela dépend de la demande et de la réaction du public, car l’artiste dépend tout d’abord de son public. Mais, soutient Saoudi, «Je continuerais à composer et créer même si je ne fais pas de scène». Nouredine Saoudi a déjà interprété une nouba de sa propre création, intitulée «Nouba Dziria», seule nouba qui n’est pas dans le mode andalou, explique-t-il. Il a d’autres créations qu’il n’a pas encore révélées. Saoudi annonce par ailleurs d’autres projets avec des artistes espagnols  et portugais. Saoudi a également émis le souhait de réunir un orchestre méditerranéen de musique traditionnelle, car affirme-t-il «la musique est un lien important entre les pays de la Méditerranée ».
Hakim Metref