Réémergence des maladies infectieuses : La mise en place d’un dispositif permanent de la veille sanitaire est impérative 

Avec l’émergence et la réémergence de certaines maladies infectieuses, la mise en place des cellules de veille et de suivi est devenue une urgence.  C’est ce qu’a affirmé, ce mercredi sur les ondes de la radio nationale, Dr Lyes Akhamouk, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Tamanrasset.

Selon lui, avec l’apparition des maladies infectieuses, des pandémies et le développement des moyens de transport, il est impératif d’avoir un dispositif permanent pour la veille sanitaire.  La surveillance et la protection de la population des maladies émergentes et réémergentes  doit être une préoccupation majeure des autorités.  « Beaucoup de maladies tropicales qu’on connaît peu représentent une double menace pour l’Algérie d’où notre insistance sur la mise en place d’un dispositif de veille sanitaire et de biosécurité », a-t-il insisté. La menace de la résurgence de nouvelles maladies ou celles déjà éradiquées est toujours d’actualité surtout avec les changements climatiques et la dégradation des écosystèmes naturels. Il a par ailleurs fait savoir que l’Algérie enregistre toujours des cas de paludisme mais ils sont tous des cas importés. Le dernier autochtone, a-t-il rappelé, remonte à 2013.
La menace c’est d’avoir des cas autochtones et la certification d’élimination du paludisme délivrée par l’Organisation mondiale de la santé est provisoire.  Dans le cas où l’Algérie enregistre un cas autochtone cette certification sera retirée d’où importance de préserver cet acquis. Il a fait savoir que depuis le début de l’année 2022, 50 cas ont été enregistrés au niveau de la wilaya de Tamanrasset et l’Algérie n’est pas à l’abri d’avoir une épidémie du paludisme.  Pour se protéger de toute cette menace, l’Agence nationale de veille sanitaire doit avoir des branches un peu partout dans le pays comme cela se fait ailleurs, avec l’implication de tous les médecins surtout les généralistes. Ces derniers sont la base de la prise en charge et ils doivent connaître ce genre de maladie pour prendre en charge rapidement les patients et de les déclarer aux autorités sanitaires. Pour éviter la réémergence de certaines maladies, le chef de service a beaucoup insisté sur la vaccination qui  a contribué fortement à leurs disparitions d’où l’importance de veiller à l’application stricte du programme actuel de vaccination.
« Quand la couverture vaccinale a reculé il y a trois ou quatre ans, nous avons enregistré plusieurs cas de rougeole. Avec cette réticence nous avons payé le prix très cher avec l’enregistrement des cas de décès », a-t-il rappelé. Il a, par ailleurs, rappelé que la pandémie de la Covid-19 est loin d’être finie. « Il est vrai que nous sommes dans une situation confortable depuis plusieurs semaines mais tant qu’il y a des cas dans certains pays, le risque d’avoir des chiffres qui repartent à la hausse est toujours probable, d’où le risque d’avoir une autre vague »,a-t-il expliqué.
Pour assurer la résilience du système de santé, la prévention est le moyen le plus adéquat pour éviter la résurgence de maladies infectieuses et malheureusement c’est la faiblesse du système de santé algérien. Sur la variole du singe, Dr Akhamouk a indiqué que pour l’instant l’Algérie n’a enregistré aucun cas mais elle n’est pas à l’abri surtout avec l’approche de la saison estivale et l’ouverture des frontières aériennes. « Il faut installer des filtres dans nos frontières, comme cela a été le cas pour la Covid-19, mais aussi former et informer le personnel de santé dans la prise en charge et le diagnostic de cette maladie tropicale », a-t-il conclu.
Samira Belabed