Registre national du cancer : Vers l’élaboration d’un nouveau plan

Le ministre de la Santé a mis l’accent, ce mercredi,  sur l’importance de la mise en  place d’un nouveau plan d’action du réseau du registre national du cancer. Toutefois, la   décision ne  sera prise qu’après fixation des priorités.
Dans une allocution lue en son nom par le directeur de la prévention et de  la promotion de la santé au ministère, Djamel Fourar, à  l’ouverture du séminaire annuel du réseau national du registre du cancer de la population à Alger, Abdelhak Saïhi a plaidé pour le renforcement de la concertation pour l’échange de données qu’il faut  consolider de manière plus fiable à travers les 58  wilayas.
«Au niveau national,  le registre constitue une aide au pilotageet à l’évaluation des mesures de prise en charge du cancer», a-t-il rappelé. Et de préciser,«on s’appuie sur le registre qui constitue un moyen de collecte,  de stockage et  d’interprétation des données relatives aux malades atteints de cancer afin de  déterminer l’incidence des cas des personnes atteintes, la tendance de la maladie, le mode d’apparition, la survie, l’évolution et la répartition géographique des cas».
Pour assurer la pérennité du registre et le généraliser à toutes les wilayas, le ministre prône le renforcement de  ses activités, son institutionnalisation et la formation  d’un personnel qualifié. Saïhi a ensuite souligné que le réseau dispose  d’un système pyramidal, en vertu de l’arrêté ministériel  du 27 septembre 2015, axé sur la coordination régionale à l’est, au centre et à l’ouest du pays.
D’ailleurs, la rencontre a été l’occasion de mettre en exergue les statistiques collectées entre 2019 et 2000. Les chiffres révèlent l’apparition de nouveaux cas.  «47.057 nouveaux cas ont été enregistrés avec un taux d’incidence moyen estimé à 15%», a-t-on appris. A ce propos, le premier responsable du secteur évoque la courbe ascendante du cancer en Algérieet  dans le monde. Pour lui, «les facteurs à l’origine de la mutation épidémiologique sont l’allongement de l’espérance de vie,  la mauvaise  hygiène  et les risques environnementaux».
Rappelant les avantages du dépistage pour  une prise en charge efficiente du cancer, le ministre a  assuré   de la disponibilité demoyens modernes de  dépistage et de diagnostic de la maladie qui sont  indispensablespour baisserletaux de mortalité.
Evoquant les recherches de l’Organisation mondiale de la santé, Saïhi a fait savoir que  les causes du  cancer et de décès sont  plus élevées dans les pays pauvres. «La plupart des cas sont causés par des  facteurs de risque liés aux habitudes  alimentaires, au tabac, à l’alcool, à la sédentarité et à l’obésité, associés au mode de vie de plus en plus sophistiqué et à la longévité de la vie», a-t-il poursuivi.
Le Pr Djouda Hammouda a, pour sa part,  relevé  que le registre national mis en place est un outil de travail efficace, particulièrement  avec la contribution des citoyens. Par contre, elle regrette le manque de moyens mis à la disposition du réseau, une situation entravant le processus de collecte des données. En termes de chiffres, le taux de couverture de la population du réseau Est est de 81%, celui du Centre et de l’Ouest est respectivement de 76,7% et 96%.
Samira Azzegag