Relance industrielle : L’exécutif s’engage

Le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a assuré lors de la clôture de la conférence nationale sur la relance industrielle, que les mises en garde du président de la République, lors de l’inauguration de cet événement, sont également des engagements que l’Exécutifs s’emploiera à mettre en œuvre.

Les recommandations tirées des ateliers consacrés à la gouvernance, aux exportations, à l’investissement et à l’entreprise seront étudiées et appliquées à travers un plan d’action où les objectifs, les délais de réalisation, les intervenants, les outils de mise en œuvre et les instruments de contrôle et de suivi seront fixés avec précision. C’est qu’a affirmé le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, dans son allocution de clôture de la conférence nationale sur la relance industrielle, ce lundi, au CICI d’Alger. «La politique industrielle doit prendre en compte les aspirations de tous les acteurs de la chaîne économique, et ce, dans le but d’introduire un changement radical afin que l’apport industriel au PIB passe d’ici à deux ans de 6 à 10%, voire à 15%», souligne-t-il.
Pour lui, les messages et les mises en garde du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de l’inauguration de cette conférence, sont clairs. Le chef de l’Etat a prévenu, rappelle-t-il, contre les anciennes méthodes et pratiques qui ont sapé la confiance entre le citoyen et l’administration, entre cette dernière et les opérateurs et entre ces derniers et les banques, provoquant démoralisation et désespoir au sein de la société. «Nous avons prêté serment pour que cette confiance soit réhabilitée. Nous ne serons pas découragés par les tentatives de déstabilisation des rentiers, qui ont vendu leur conscience et qui veulent hypothéquer l’avenir des enfants de ce pays», soutient-il. «Ces mises en garde sont également des engagements de la part du chef de l’Etat que l’appareil exécutif mettra en œuvre pour l’édification d’une économie diversifiée sur des bases saines, libérée de la dépendance aux hydrocarbures et des aléas des prix du pétrole», affirme-t-il. En son sens, la relance industrielle doit s’inscrire dans une vision économique globale et complémentaire. Le rendement économique et social des dépenses publiques doit être un critère, selon lui, pour mesurer l’efficience.
Dépenses colossales, faible rendement
De même que la création de richesse et de postes d’emploi doit être à la hauteur des avantages et exonérations fiscales octroyés. «La dépense fiscale dans les projets inscrits à l’ANDI, les dispositifs de soutien à la création des activités, les exonérations des taxes douanières, a dépassé les 1.500 milliards de dinars en 2018-2019, soit 10 milliards de dollars. Ce chiffre est un indice pour évaluer l’efficacité et l’efficience attendues. Or, nous constatons qu’en contrepartie de ces dépenses, le rendement a été très faible et les objectifs en matière de développement, de création de richesse et d’emplois n’ont pas été atteints», fait-il savoir, signalant que, désormais, la gestion ne sera plus conjoncturelle et dénuée de toute vision, mais  « planifiée, étudiée et cohérente » pour mettre la locomotive de développement sur les rails. Le Premier ministre approuve entièrement, par ailleurs, la proposition des opérateurs relative à la mise en place d’une cartographie nationale des produits locaux, dont le but notamment est de les promouvoir et les soutenir. «Toutefois, certains dispositifs de soutien et de protection de la production nationale ne seront pas permanents. Il faut saisir les opportunités sur le marché mondial au lieu de ne compter que sur les dispositifs de protection», prévient-il, notant que le chef de l’Etat a insisté sur l’apport de l’économie diplomatique, l’innovation et l’économie de la connaissance pour mieux appréhender la concurrence internationale et booster nos exportations. Dans ce contexte, il a relevé qu’en plus d’une agence nationale de l’innovation, en cours de création, le gouvernement est en train d’étudier un projet de loi relatif à l’organisation de l’académie algérienne des sciences et des technologies. Concernant le nouveau code des investissements, en cours d’étude, il a assuré qu’il sera basé notamment sur des facilitations et des avantages ciblés destinés exclusivement aux véritables investisseurs et non aux rentiers. Cette conférence, conclut-il, sera suivie par d’autres sur la relance agricole, touristique, l’énergie et les mines.
Farida Belkhiri