Relations culturelles : Une histoire et des racines

L’Algérie et la Turquie ont des liens historiques scellés par un passé commun de trois siècles de présence à l’époque de la Régence d’Alger. Depuis l’indépendance de l’Algérie, les relations algéro-turques se sont progressivement renforcées aux plans politique, diplomatique, économique et culturel au point où aujourd’hui, l’axe Alger-Ankara est une réalité géopolitique.

La présence turque sur le sol algérien durant trois siècles a laissé des traces architecturales, musicales et culinaires. Dans son sublime épilogue dans «Babor Eghraq», le dramaturge Slimane Benaïssa évoque ce passé en donnant la raison de la présence ottomane en Algérie et note avec un brin d’humour que les Algériens ont fini par être séduits par les saveurs de la baklawa et du qalbelouz.
Nous pouvons inclure aussi les bains maures, El hammam, qui auraient aussi une origine turque. Les Algériennes, quant à elles, elle sont tout simplement fascinées par le premier produit culturel turc qui a du succès en international dans les pays arabes et partout dans le monde, les séries et les feuilletons à l’eau de rose. Les séries turques sont, en effet, très appréciées par la gent féminine algérienne. Il est dommage que les Algériens n’aient plus l’opportunité de découvrir l’excellent cinéma turc, celui qui décroche des prix dans des manifestations internationales du 7e art. Durant les années 1970 et 1980, la cinémathèque algérienne diffusait des œuvres du septième art turc, au grand plaisir du public. Les cinéphiles de ces années-là n’oublieront pas de sitôt le chef-œuvre «Yol» (La Permission) du cinéaste Yilmaz Güney, réalisé en 1982. La Turquie reste un grand producteur de films avec, en moyenne, selon les dernières statistiques en notre possession, 300 longs métrages par an. Inutile de rappeler que les feuilletons turcs s’exportent bien, partout dans le monde et pas uniquement dans les pays musulmans et arabes.
Une structure peut pallier ce manque d’échanges culturels, un centre culturel turc en Algérie et un autre algérien en Turquie, pour sceller une alliance cinématographique, musicale et autres picturales. Les pouvoirs publics des deux pays y ont certainement pensé, il ne reste juste qu’à concrétiser l’idée qui donnera un nouveau souffle au partage culturel entre les deux pays amis. Cela ne saurait tarder au regard de la consolidation des relations algéro-turques dans de nombreux domaines.
A.Tazaroute