Respect des mesures préventives : Les réfractaires encore et toujours

Le port du masque avec le maintien de la distanciation physique et des autres mesures barrières limiterait fortement la propagation du variant Omicron qui représente aujourd’hui 57% des variants circulant en Algérie, selon l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA).

Les derniers chiffres de l’Institut font état d’une augmentation exponentielle de la courbe des nouvelles contaminations par l’Omicron. Devant cette situation épidémiologique préoccupante, le wali d’Alger a annoncé, dans un communiqué, de nouvelles mesures préventives dont le port obligatoire du masque dans toutes les administrations et services publics, les espaces commerciaux, les transports et dans la rue. Cette restriction ne suffirait  toutefois pas à maintenir la situation sanitaire sous contrôle si la population ne prenait pas conscience de l’intérêt à porter ce moyen efficace et accessible à tous. Dans les rues d’Alger, une forme de transgression, voire de provocation à l’encontre de cette décision, est très visible dans le comportement de nombreux citoyens qui, assurément, refusent de se plier à cette obligation. Certains remettent le masque précipitamment à l’entrée d’un magasin, avant de le rabaisser illico à la sortie du commerce. Par conviction ou par laxisme, ces personnes, des jeunes pour la plupart, se disent peu convaincus de l’efficacité des masques puisqu’ils ont déjà été contaminés alors qu’ils le portaient.  D’autres affirment ne pas le supporter car il les étouffe et nuit à leur capacité de respirer. Souad S., employée à l’APC d’Alger-Centre, malgré ses doutes sur l’efficacité de cette mesure préventive, dit être «obligée de le mettre à l’intérieur de l’administration. Mais une fois à l’extérieur, je  ne suis pas trop regardant là-dessus, notamment depuis que j’au reçu ma troisième dose de vaccin».  A la station de bus de la place Audin, Mohamed B. un agent de l’Etusa, témoigne de ses difficultés à obliger le port du masque aux passagers, ou le respect de la distanciation physique. «Il y a eu un véritable relâchement depuis quelques mois. On était tous confiants de voir la vie revenir à la normale avec la baisse des contaminations. Il est ainsi difficile aujourd’hui de faire respecter de nouveau l’ensemble des geste barrières, aussi bien dans les bus que dans les stations».
Même son de cloche chez Slimane M., employé à Algérie Télécom. Il affirme être plusieurs fois témoin d’altercations sur le respect du port du masque entre l’agent de sécurité et certains clients. «Les agents font tout pour faire respecter, dans cet espace très exigu et très favorable aux interactions, une réelle distanciation entre les clients et le port obligatoire du masque. Ce qui n’est pas toujours facile puisque certains contournent la règle du port du masque en le mettant au-dessous du nez».
 Une chose est sûre, on ne peut pas circonscrire les foyers d’infection et éviter la saturation des services hospitaliers  avec autant d’imprudence et de manque de vigilance dans de nombreux espaces tels que les transports, les cafés, les restaurants, les magasins divers et les marchés.
Assia Boucetta