Ressources hydriques : Acquis et défis

La Journée mondiale de l’eau est célébrée ce lundi. Pour la première fois sur le continent africain, le 9e forum mondial de l’eau s’est tenu à Dakar.
Messahel Mekki, professeur à l’école nationale supérieure d’hydraulique (ENSH) de Blida, docteur d’Etat en ressources en eau, expert international et judiciaire en ressources en eau et membre et gouverneur du conseil mondial de l’eau, y était présent. Selon lui, le forum a cherché à promouvoir et mettre en œuvre des actions pour l’eau et l’assainissement de manière intégrée. Sa vision se décline en feuille de route de quatre axes prioritaires pour l’Afrique, mais aussi pour le monde, à savoir la sécurité de l’eau, de l’assainissement, la coopération, l’eau pour le développement rural, et les outils et moyens incluant les questions cruciales du financement, de la gouvernance, de la gestion des connaissances et des innovations. Selon lui, «la finalité de la manifestation est le renforcement de la mise en œuvre des actions nécessaires à la réalisation de l’objectif du développement durable numéro 6.
Le forum offrira également une plateforme d’expression à d’autres parties prenantes (groupements de femmes, jeunes, agriculteurs, éleveurs et pêcheurs) et contribuera ainsi à la transformation qualitative du quotidien des populations et à l’amélioration des performances des secteurs de production. Il fait savoir que l’Algérie, à l’instar d’autres pays, est membre du conseil mondial depuis 2000, mais sa participation est très timide ces dernières années. «Il est primordial d’être partie prenante dans ces activités au niveau mondial pour le bien de notre stratégie et de la sécurité hydrique (eau et assainissement de notre pays», juge-t-il.
Concernant la stratégie de l’eau, il met en exergue les efforts consentis par les pouvoirs publics ces 20 dernières années par une enveloppe atteignant les 55 milliards d’euros. Plusieurs programmes de développement ont été réalisés. Il cite le projet d’aménagement du barrage de Beni Haroun qui mobilise plus de 970 millions m3, 11 stations de dessalement et le transfert des eaux sud-sud (In Salah-Tamanrasset) sur une distance de 750 km. Il soulève, toutefois, des insuffisances dans le management et la gestion des projets (problèmes récurrents de réévaluation et d’avenants pour des carences de maturation de projets). «Des retards considérables ont été constatés dans la réalisation de certaines stations de dessalement, dans les programmes d’interconnexion de barrages outre le gel de la réalisation de certains projets», note-t-il
Il n’a pas manqué de mettre en exergue les efforts déployés par l’Etat traduits par le lancement d’un vaste programme d’urgence initié à partir de 2020 et qui consiste en la réalisation de forages dans le but de pallier la baisse des niveaux des barrages en raison du déficit en pluviosité qui est de l’ordre de 40% dans la région ouest, et plus de 30% dans le centre. Néanmoins, il regrette que sur les 800 forages lancés, seulement 400 ont été mis en service. L’expert évoque aussi l’état «désastreux» de l’épuration des eaux.
Pour y pallier, il recommande des efforts lors de la réalisation et de l’exploitation des projets afin, conclut-il, que «l’Algérie dépasse le cap du déficit hydrique et mène à bien la stratégie du secteur».
Samira Sidhoum