Rétrospective de la participation algérienne à la CAN : Deux étoiles et des regrets

Au Cameroun, l’équipe nationale de football sera à sa 20e participation dans une coupe d’Afrique des nations. Un parcours qui a vu des générations de légendes qui ont défendu crânement les couleurs nationales dans les différents safaris dans le continent noir.

1968 : Baptême du feu
La première participation du onze national en coupe d’Afrique des nations fut en 1968 en Ethiopie. A l’époque, le Chabab de Belcourt composait l’ossature de l’équipe nationale avec des monuments du sport roi à leur tête Hacéne Lalmas. Malgré l’armada des Verts entraînés à l’époque par le français Lucien Leduc, les résultats furent en deçà des espérances. Eliminés dès le premier tour, les coéquipiers du gardien Mohamed Abrouk n’ont enregistré qu’une seule victoire (4-0) face à l’Ouganda contre deux défaites face à la Côte d’Ivoire (3-0) menée par le chasseur de buts Laurent Pokou et face au pays organisateur l’Ethiopie (3-1). Malgré cette élimination inattendue, Lalmas a été choisi comme meilleur joueur de la compétition.
(80-90): Le chemin vers le premier sacre
Malgré le nombre record de génies du ballon rond, l’équipe nationale est restée douze ans hors de la scène africaine. Il aura fallu attendre 1980 pour revoir le onze national lors de l’édition qui s’est déroulée au Nigéria. Sous la coupe du duo Mahieddine Khalef et le Yougoslave Zdravko Rajkov, les Belloumi and Co avaient terminé le premier tour à la première place de la poule B avec cinq points, soit deux victoires face au Maroc (1-0) et face à la Guinée (3-2) contre un seul match nul face au Ghana (0-0). Lors des demi-finales, l’équipe nationale a dû puiser dans ses ressources physique et psychologique pour revenir dans le match face à l’Egypte. Après que le match s’est soldé sur un score de parité (2-2). Dans la fatidique séance des tirs au but, le dernier mot est revenu aux camarades de l’emblématique gardien feu Mehdi Cerbah (4-2). En finale et dans un contexte particulier, les Verts ont chuté à la surprise générale (3-0) face au Nigeria. Deux ans après, la coupe d’Afrique a atterri en Libye en 1982.Qualifiés en coupe du monde prévu la même année en Espagne,les coéquipiers de AliFergani se sont présentés dans la peau d’un des favoris pour le titre. Mais, leur aventure s’est terminée en demi-finale face au Ghana. Pourtant, les Verts, qualifiés en tant que leaders du groupe B avec cinq points, menaient (2-0) face au Ghana. Mais, les Blacks stars avec leur buteur maison Alhassan (un doublé), ont renversé la table pour se qualifier (3-2). Dans la petite finale, les capés de Khalef ont fini par abdiquer face à la Zambie (2-0). En 1984, la Côte d’Ivoire a abrité la coupe du continent. Les Verts avec des joueurs nettement plus matures, cherchaient à décrocher sa première étoile africaine. Avec des joueurs au sommet de leur forme, dont Lakhdar Belloumi, les fennecs avaient bouclé le premier tour en tête du groupe B avec cinq points. Après un show face au Malawi (3-0), la deuxième victime des Verts fut le Ghana (2-0), avant que le match face au Nigeria ne se solde sur un score vierge. En demi-finale, le Cameroun stoppe la sélection nationale dans sa chevauchée vers la finale aux tirs au but (5-4) après un score de (0-0) durant le temps réglementaire. En 1986, l’Egypte a organisé la compétition. Avec comme coach, Rabah Saâdane, l’équipe nationale mondialiste pour la 2e fois de son histoire, a connu une désillusion. Après trois matches durant le premier tour, le onze national a été éliminé avec deux points récoltés et une défaite contre le finaliste de l’édition, le Cameroun en l’occurrence (3-2). Au Maroc en 1988, les Verts sont partis dans la peau d’un outsider en l’absence de Rabah Madjer super star à l’époque. Dans la poule A, les équipiers du portier Nacerredine Drid ont eu un ex aequo général avec la Côte d’Ivoire, à savoir une 2e place avec trois points et une égalité dans le goal-average particulier et général. Après tirage au sort, les Verts passent en demi-finales. Face au Nigeria, la chance a souri aux Blacks-Eagles dans les tirs au but (9-8) après que le match dans son temps réglementaire s’est terminé sur un score de parité (1-1). Durant la finale de consolation, les protégés du duo Rogov-Cherradi ont eu le dessus sur le Maroc aux tirs au but (4-3), après un match nul (1-1). L’Algérie a décroché l’organisation de la coupe d’Afrique en 1990. Devant des gradins archicombles, les onze sur le terrain avaient joué la plus belle symphonie africaine de l’équipe nationale. Dans le groupe A, la sélection nationale a malmené le Nigeria (5-1), la Côte d’Ivoire (3-0) et l’Egypte sans presser le champignon (2-0).En demi-finales, les poulains du regretté Abdelhamid Kermali ont connu des frayeurs avant de venir à bout d’un redoutable Sénégal (2-1). En finale, la coupe est restée à Alger face au Nigeria grâce au saveur Cherif Oudjani devant 110.000 spectateurs.
1992-2000 : Déchéance et statut d’outsider
En 1992, la CAF a posé son dévolu sur le Sénégal pour organiser la 18e édition. L’équipe nationale devenue l’équipe à battre, est passée complètement à côté de son sujet. Dans le groupe C à trois équipes (première édition à 12 sélections), les champions d’Afrique de l’époque ont été corrigés par la Côte d’Ivoire (3-0) à Ziguinchor, avant de se conter d’un score de parité face au Congo (1-1). Une élimination qui avait causé le limogeage de Kermali et la retraite internationale de plusieurs cadres. Avec une nouvelle vague de jeunes joueurs, le public espérait un sursaut d’orgueil de l’équipe de 1994. Qualifiée sur le terrain pour l’édition de Tunisie, l’équipe drivée par le duo Meziane Ighil et Abderrahmane Mahdaoui a été disqualifiée à cause de l’affaire Mourad Karouf. En 1996 en Afrique du Sud, Ali Fergani et feu Mourad Abdelouahab ont drivé l’équipe qui s’est qualifiée au second tour, avant d’être éliminée par les Sud-Africains champions de l’édition (2-1).Après le départ de Ighil, Mahdaoui s’est vu confier l’équipe en prévision de la coupe d’Afrique de 1998 à Ouagadougou. Dans le groupe A, les Dziri et les autres ont essuyé trois défaites face à la Guinée (1-0), le Burkina-Faso (2-1) et face au Cameroun (2-1). Ce fut la première fois que le compteur points des Verts affiche zéro durant les compétitions africaines. Qualifiée pour l’édition de 2000 organisée conjointement par le Ghana et le Nigeria, l’équipe entrainée par Nacer Sendjak s’est qualifiée au second tour pour sortir avec les honneurs face au Cameroun (2-1).
2002-2010 : La satisfaction en Angola
Après une première expérience ratée entre 1994 et 1995, Rabah Madjer reprend les rennes de l’équipe nationale pour là coacher durant la coupe d’Afrique de 2002 au Mali. Dans le groupe A, les Verts ont fermé la marche avec seulement un point arraché dans la douleur face au Liberia (2-2) contre deux défaites face au Nigeria (1-0) et face au Mali (2-0). Une compétition durant laquelle deux joueurs ont failli perdre la vie, à savoir Omar Belbey et Abdelhafid Tasfaout.  Au temps du président de la fédération Mohamed Raouraoua, Rabah Saâdane a été rappelé dans une phase cruciale que traversait l’équipe nationale. A l’occasion de la coupe d’Afrique 2004 en Tunisie, le « cheikh » a réussi à qualifier le onze national dans le groupe de la mort en présence du Cameroun (1-1), de l’Egypte (victoire 2-1) et le Zimbabwe (défaite 2-1). Aux quarts, les Antar Yahia and Co tenaient leur qualification (1-0) jusqu’à ce que les Marocains puissent faire leur remontada pour l’emporter après prolongations (3-1).Après deux absences en 2006 en Egypte et en 2008 au Ghana, l’équipe nationale revient au-devant la scène continentale durant l’édition de 2010 en Angola. Auréolée par sa qualification au mondial sud-africain, l’équipe entrainée par le revenant Rabah Saadane s’est qualifiée aux quarts, après avoir enregistré quatre points dans le groupe A en compagnie du Mali (victoire 1-0), de l’Angola (0-0) et du Malawi (défaite 3-0). Au quarts, les Verts ont tenu leur match référence face à la Côte d’Ivoire (3-2). En demi-finale, l’aventure des hommes de Saadane s’est arrêtée face à l’Egypte (4-0). Durant la petite finale, l’équipe nationale a été défaite sur la plus petite des marges par le Nigeria (1-0).
2012-2019 : Belmadi et les Verts rois du continent
Non qualifiée à l’édition de 2012 en Guinée équatoriale, l’équipe nationale effectue son grand retour en 2013 durant la CAN jouée en Afrique du Sud. Sous la férule du Bosnien Vahid Halilhodzic, les Verts ont été méconnaissables avec une élimination précoce dès le premier tour avec un point dans le groupe D avec la Tunisie (défaite 1-0), le Togo (défaite 2-0) et la Côte d’Ivoire (2-2). En 2015 en Guinée Equatoriale et en 2017 au Gabon, l’équipe nationale a alterné ente les quarts de finale et le premier tour. Vingt-neuf ans après le premier sacre, il aura fallu attendre la venue du coach Djamel Belmadi pour savourer la 2e consécration en 2019 en Egypte. Ancien international, il a réussi à donner à l’équipe une force de caractère collectif pour balayer tout sur son passage au pays des Pharaons. Dans le groupe C, la maestria menée par le capitaine Riyad Mahrez a composté le billet des huitièmes en rouleau compresseur. Trois victoires ont été enregistrées respectivement face à au Kenya (2-0), au Sénégal (1-0) et face à la Tanzanie (3-0) avec un onze pourtant relooké. En huitièmes, les guerriers du désert avançaient doucement mais surement vers le sacre. Après avoir écarté la Guinée (3-0), le onze national a souffert le martyr avant de damer le pion à la Côte d’Ivoire aux tirs au but (4-3), après que le match s’est soldée sur un score de parité (1-1). Une qualification qui avait donné des ailes aux joueurs, qui super motivés, ont éliminé en demi-finale le Nigeria (2-1) avant de disposer durant une finale basée sur l’engagement physique le Sénégal (1-0). Une 2e couronne qui a été longuement fêté par tout un peuple fier de toute une équipe qui venait de renaître. Depuis, le public des champions d’Afrique rêve d’une 3e coupe, la 2e consécutive qui sera historique à plus d’un titre.
Adel K.