Réunion demain du Bureau Fédéral de la FAF : Il y a de l’électricité dans l’air

En pleines luttes intestines au sein de la Fédération algérienne de football (FAF), le président démissionnaire de l’instance fédérale, Charaf-Eddine Amara, a convoqué pour ce dimanche, dans la soirée, une réunion du bureau fédéral (BF).

Il s’agit de la réunion mensuelle statuaire lors de laquelle plusieurs points seront débattus. Parmi les points les plus importants à l’ordre du jour, figurent l’organisation de l’assemblée générale ordinaire ainsi que la préparation de l’AG élective, selon le communiqué de la FAF publié sur son site officiel.
Ladite réunion risque de se dérouler dans l’effervescence du fait que le bureau fédéral connaît des tiraillements. Divisé carrément en deux groupes, le BF de la FAF se retrouve avec cinq membres qui soutiennent le président démissionnaire Amara, à savoir Benhamza, Oukali, Medane, Laghgouati et Touil, et 6 autres du côté de l’opposition, à savoir Bahloul, Aïssaoui, Maouche, Oumamar, Gasmi et Mansouri. Pour rappel, Charaf-Eddine Amara a pris la décision de suspendre à titre provisoire deux membres du bureau fédéral, en l’occurrence Amar Bahloul et Mouldi Aïssaoui, leur reprochant de ne pas avoir plus d’une fois respecté l’obligation de réserve imposée par les statuts de la Fédération à chacun des membres du BF.
Toutefois, cette décision prend-t-elle effet ? Amara, faut-il le souligner, a démissionné le 31 mars 2022devant les membres du BF, lors d’une réunion en urgence en session extraordinaire, qui a acté sa décision dans un communiqué publié sur le site officiel de la FAF. Amara a également annoncé sa démission  devant la presse, tout en répondant aux questions des journalistes présents ce jour-là. Les membres du bureau fédéral ont pris acte de la décision du président de la FAF. Conformément aux statuts de la FAF et au décret exécutif 14-330, les membres du BF ont désigné Mohamed Maouche en sa qualité de vice-président de la FAF, pour assurer l’intérim jusqu’à la tenue de l’AGE (assemblée générale élective) qui ne saurait dépasser statutairement les 60 jours. Cela dit, à la lecture de l’article 14 des statuts de la FAF, la décision d’Amara semble quelque part caduque puisqu’il appartient exclusivement à l’AG et au bureau fédéral de la FAF de prononcer la suspension d’un membre du BF. Autrement dit, à aucun moment les statuts de la FAF ne donnent la prérogative au président de suspendre un élu.
S’agissant de la réunion de ce dimanche soir, les opposants à Amara, visiblement décidés à ne pas faire machine arrière, posent leur condition pour marquer leur présence. Ils veulent voir Mohamed Maouche présider ladite réunion. Si tel est le cas, il va falloir se référer à l’article 37 des statuts de la FAF qui stipule que «les décisions du bureau fédéral ne sont valables que si la majorité de ses membres sont présents. Si ce quorum n’est pas atteint, il se réunit valablement le jour suivant quel que soit le nombre de membres présents». Pour sa part, le président démissionnaire, Charaf-Eddine Amara, persiste et signe : il est toujours le maître à bord tant que l’AG ordinaire et l’AG élective ne sont pas tenues pour quitter définitivement le navire. Comme il est usuel dans le jargon juridique, la réunion de ce soir est qualifiée d’«affaire artichaut» pour le président de la FAF et son bureau fédéral. Les débats s’annoncent électriques, mais espérons tout de même que la sagesse l’emportera pour le bien du football national.
Khaled H.