Revirement de l’Espagne  sur le conflit sahraoui : La COSCAPS rejette la position de Sanchez

La Coordination syndicale de soutien au peuple du Sahara occidental, branche des îles Canaries  (COSCAPS), a exprimé, lundi, son «rejet absolu» du revirement de l’Espagne sur la question du Sahara occidental, soulignant que ce «scandale historique» ne reflète pas la position du peuple espagnol.

Dans un communiqué signé par son président Aomar Abed Jalil, la COSCAPS exprime son «rejet absolu» de ce qu’elle qualifie de «scandale historique», en référence à l’appui donné par le Premier ministre Pedro Sanchez aux «thèses et plans narcissiques marocains» au Sahara occidental, affirmant que ce revirement «ne reflète pas la position du peuple espagnol, toutes catégories sociales et tendances politiques confondues».
Par ce procédé, écrit la source, «le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez ignore la légalité internationale instaurée par les plus hautes juridictions européennes, l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancêtre de l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations unies (ONU), et transgresse les résolutions onusiennes liées au statut du territoire non autonome du Sahara occidental, en attente de décolonisation».
Cette attitude «étonnante» et «incompréhensible» pour les Espagnols ne fera qu’accentuer les souffrances du peuple sahraoui et affirmer davantage le soutien de l’ensemble des Espagnols à sa lutte légitime pour l’indépendance, lit-on dans le communiqué.
«La lâcheté de M. Sanchez devant le chantage du Maroc ne diminue en rien le désir d’autodétermination et d’indépendance chez les Sahraouis, soit à travers le référendum parrainé par la résolution 15/14 1975 de l’ONU ou par une guerre juste pour le droit de vivre sur leur propre territoire, libre et souverain», ajoute-t-on.
«Le peuple sahraoui n’abandonnera jamais son droit légitime à l’indépendance et ce ne seront pas des décisions comme celle de Sanchez qui empêcheraient un si noble désir», insiste le signataire du communiqué. Ce dernier estime, dans le même document, que les arguments avancés par le chef du gouvernement, comme quoi le «projet d’autonomie» proposé par le Maroc était «le plus réaliste», sont «vides de sens».
Par conséquent, la coordination invite la société espagnole et la région des îles Canaries à exprimer, à travers les différentes actions qu’elles programmeront, «la condamnation de la décision de Sanchez».
Enfin, la COSCAPS réaffirme son engagement en faveur du droit des  Sahraouis à l’autodétermination et son soutien au Front Polisario comme seul et légitime représentant du peuple sahraoui et sa reconnaissance de la République sahraouie.
Sanchez dans un «véritable dilemme»
La classe politique, la société civile et l’opinion publique espagnoles, ont exprimé leur refus à la récente décision du Premier ministre. Dans ce contexte, le représentant du Front Polisario aux Iles Canaries, Hamdi Mansour, a affirmé que ces réactions placent Sanchez dans un «véritable dilemme» et «prédisent la possibilité d’une rupture ou d’une division au sein du gouvernement espagnol, notamment après les nombreuses critiques dont Sanchez avait fait l’objet auparavant». Il a également estimé que les déclarations des partis de la coalition au gouvernement, pour ne citer que Podemos, le Parti national basque, les partis catalans et d’autres formations politiques locales et nationales, viennent confirmer que cette position «est contraire à la Légalité et au droit internationaux, mais également aux valeurs démocratiques que le Royaume d’Espagne a toujours prônées, à savoir : les libertés, les droits de l’homme et la défense des droits et de la légalité internationale». Il a estimé que cette position a ouvert la porte à d’autres interprétations sur un éventuel «échec de l’actuel gouvernement de Sanchez, âprement critiqué  d’ailleurs, et une appréhension d’un départ massif de la coalition et des  partis de l’opposition».