Révision de la loi organique : Une bonne initiative, selon des associations

La loi organique sur les associations fait l’objet d’une révision à même de la mettre au diapason  des dispositions de la Constitution de 2020. Il s’agit de la troisième refonte de la loi régissant le mouvement associatif depuis l’ouverture démocratique à l’aube des années 1990.Une refonte que des associations souhaitent qu’elle sera une opportunité pour revoir le mode de fonctionnement des entités associatives, notamment la problématique de financement et des sièges pour les abriter. Elles appellent aussi à une définition précise du champ d’activité avec une valeur ajoutée dans la société.

Pour l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), cette décision est «une  bonne  chose», dans la mesure où elle permettra d’enrichir le cadre juridique régissant le mouvement associatif. «Le pays recense plus de 80.000 associations. Il n’est pas normal qu’une poignée de personnes sans objectifs s’improvisent membres d’une association. La loi nouvelle est censée exiger aux associations de donner des garanties précisant la nature de l’activité de chaque association et l’engagement de respecter les objectifs assignés», indique Boulenouar Hadj-Tahar, président de l’Association. Ce dernier estime que le nouveau texte va permettre aux entités associatives de dégager leurs propres ressources de financement et d’intensifier leurs activités et initiatives au lieu de ne compter que sur l’aide de l’Etat. Hadj-Tahar souligne dans ce sens la nécessité de faire le distinguo entre l’activité associative et la politique. «Il est impératif d’interdire, dans la nouvelle loi, l’interférence entre le travail des associations et celui des partis politiques et vice versa», dit-il. Le président de l’ANCA considère que les dispositions  de la loi vont faciliter les procédures relatives à  l’octroi d’agrément aux personnes désirant s’organiser dans le cadre d’une association dans un domaine donné en vue d’apporter leur pierre à l’édifice.
Le même optimisme est exprimé par l’Association nationale pour la promotion et la protection de la femme et de la jeunesse (ANPPFJ). «C’est une bonne initiative et j’espère que la nouvelle loi va permettre de prendre en charge les contraintes rencontrées par les associations, notamment le problème de financement et des locaux», indique sa présidente, Nadia Deridi, soutenant que l’ANPPFJ n’a jamais bénéficié d’aide  financière de l’Etat depuis sa création en 2000.
«Notre association continue à honorer ses engagements avec les familles défavorisées et les nécessiteux grâce aux dons des bienfaiteurs, d’autant plus que notre activité consiste en des initiatives organisées en prévision du mois de Ramadhan, de l’Aïd ou encore de la rentrée scolaire», précise-t-elle. Dans ce sillage, l’Association se dit «affectée» par la crise sanitaire et beaucoup de donateurs ne peuvent plus assurer l’aide en nature à l’association. Mme Deridi espère que les dispositions de la nouvelle loi iront dans le sens de l’encouragement des activistes associatifs qui ont déjà fait preuve d’une forte présence sur le terrain.
Aziza Mehdid