Rue de la liberté : Des frontières tracées par le sang

Les 2.381.741 km² constituant le territoire national ont été irrigués du sang de millions de chouhada durant132 ans de présence coloniale. Ce sang pur a tracé aussi ses frontières et en assure l’intangibilité jusqu’à la fin des temps.
Au moment où des pays feignent d’omettre les réalités historiques et tentent honteusement de bâtir sans scrupules leur présent sur une pitoyable légende, cousue de mensonges et empestant le révisionnisme, il n’y a pas, en effet, un village, une ville, une crête, un erg, une dorsale, une plaine ou une berge du littoral de l’Algérie qui ont été épargnés par la sauvagerie de l’envahisseur, mais aussi défendus vaillamment par le peuple. Dans l’action, l’honneur et la terre sont deux termes qui expriment le même sens pour nos moudjahidine. La dimension nationale de notre glorieuse Révolution en est la parfaite illustration. Face aux viles et récurrentes tentatives de soudoiement ourdies par le système colonial durant la lutte armée, aux fins inavouées de diviser l’union sacrée du peuple algérien, la Révolution s’est retrouvée, à contrecourant des desseins français, plus que jamais consolidée. L’engagement du peuple était tellement une évidence alors que les pères de la Révolution ayant, faut-il le rappeler, vécu les affres du colonialisme avaient la ferme conviction que le destin de leur action libératrice du 1er Novembre 1954 aura un écho non seulement favorable, mais surtout déterminant pour la suite des évènements. Des évènements et des hauts faits où le peuple s’est distingué par des sacrifices sans commune mesure et par un patriotisme devenu proverbial et source d’inspiration pour les nations opprimées dans leur lutte pour le triomphe de leur cause. En sept ans et demi de combat révolutionnaire, il n’y a pas un village ou une ville de Tlemcen à Tébessa et de Tizi Ouzou à Tamanrasset qui ne compte pas nombre de héros et martyrs.
Chaque région de notre vaste pays raconte l’épopée d’une génération de révolutionnaires. Chaque tombe de martyr, une stèle commémorative et lieu de bataille récitent les détails d’une pénible et longue guerre contre une puissance militaire mondiale. Chaque famille algérienne est dans son droit de s’enorgueillir, de compter un père, une mère, un oncle, une tante ou un aïeul qui a pointé une arme contre l’ennemi ou aider de quelque manière que ce soit au succès de la Révolution. Le plus beau triomphe et la plus parfaite des leçons de patriotisme et de l’unité nationale après de longues années de combat révolutionnaire sont, sans nul doute, le résultat du référendum pour l’autodétermination du 1er juillet 1962.
En effet, 99,72% des votants ont dit oui à l’indépendance. De bout en bout, le peuple a soutenu une glorieuse Révolution faite par lui et exclusivement pour lui. Connaissant la valeur de sa terre arrosée par le sang de ses plus valeureux enfants, l’Algérie veille jalousement à l’intégrité de son territoire et de ses frontières qui s’étendent sur des milliers de kilomètres. Le serment donné par les moudjahidine pour que l’Algérie soit une et indivisible et que son peuple soit éternellement uni n’est pas une creuse promesse.
Bien au contraire. C’est un héritage que compte préserver dignement chaque Algérien, mais surtout chaque soldat de l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libération nationale. A bon entendeur.
Amirouche Lebbal