Rue de la Liberté : La cause juste au dessus de tout !

Il est des décisions qui marquent l’histoire des peuples et changent brusquement le cours des choses. Des décisions qui, nécessité oblige, arrivent à mettre les hommes, non pas les uns contre les autres, mais la main dans la main pour défendre un idéal commun.

C’est ainsi que s’est construite au cours de la guerre de Libération nationale une «amitié saine» entre des militants algériens et leurs frères étrangers. Y a-t-il plus humain que d’apporter son soutien aux opprimés dans leur combat juste ?Inéluctablement, une telle décision est le propre des femmes et des hommes engagés. Fidèles aux causes justes, à l’humanisme chevillé au corps et défendu bravement par nos combattants, des amis de la Révolution algérienne, notamment d’origine européenne, ont participé activement à la guerre de Libération nationale.
A travers leurs positions à contre-courant de la doxa colonialiste dominante et diffusée en masse à cette époque, des militants de tout bord ont sacrifié leur vie au service de la cause algérienne. Ces militants étrangers ont eux aussi, comme leurs frères algériens de lutte, écrit leur nom en lettres d’or dans l’histoire de l’Algérie.
En assistant à l’atrocité du comportement des colons français, ils en sont sortis profondément touchés et marqués. Convaincus à l’idée de s’engager dans la défense de la question algérienne, ces relais de la Révolution algérienne ont pu, à travers leur position humaine, donner une nouvelle lecture au conflit algérien à travers le monde. Sans tenir compte du prix à payer, ces amis du combat libérateur algérien ont contribué aussi à la crédibilisation de la question algérienne à l’international.
Des journalistes, écrivains, philosophes, médecins, avocats, mathématiciens ont porté la voix de l’Algérie auprès de l’opinion publique internationale. Ces Européens de souche se sont engagés aux côtés de la cause nationale dans une conjoncture où des combattants algériens éprouvaient autant de difficulté pour en finir avec la machine coloniale.
Outre l’engagement de Maurice Audin et de son épouse, Henri Maillot, mort à la fleur de l’âge sous une rafale, Maurice Laban, Francis Jacob, Hélène Guénat, Jacques Vergès, Henri Alleg, les journalistes italiens Piero Angela et Bernardo Valli pour ne citer que ces noms, d’autres militants des libertés et des causes humaines d’origine européenne ont collaboré avec les dirigeants du FLN en vue d’appuyer les forces de résistance algérienne à l’intérieur du pays et à l’étranger. Ainsi également, s’est constitué à titre d’exemple le réseau des «porteurs de valises» sous la coupe de Francis Jeanson. Qui connaît mieux les valeurs universelles que Jean Paul Sartre dont la position en faveur de l’Algérie a eu un retentissement pesant à l’échelle mondiale ?
Il est aussi à rappeler que le ralliement des amis de la Révolution à la justesse de la cause algérienne s’est opéré grâce au travail de mobilisation d’ampleur effectué par les membres du Parti communiste algérien tant sur le plan national qu’international.
Hanny Tiouane