Russie-UE : La guerre de l’énergie

Après la Finlande, la Bulgarie et la Pologne, le gazier russe Gazprom a annoncé, ce mardi, avoir  suspendu les livraisons de gaz aux Pays-Bas face au refus son fournisseur de payer en roubles.

«Gazprom a cessé totalement ses livraisons de gaz à la société GasTerra B.V. du fait du non-paiement en roubles», a annoncé le géant russe dans un communiqué sur sa messagerie Telegram. En réplique aux sanctions imposées par l’Union européenne à la suite de l’opération militaire russe en Ukraine, le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, a réclamé que les acheteurs de gaz russe de pays «inamicaux» payent en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d’être privés d’approvisionnements.
 Le groupe GasTerra avait refusé, réclamant le respect d’obligations contractuelles et notant que des versements tels que le réclame le Kremlin présentaient «un risque de violation des sanctions élaborées par l’UE». Les Néerlandais dépendent de la Russie pour environ 15% de leurs approvisionnements en gaz, soit quelque six milliards de mètres cube par an, selon le gouvernement. C’est moins que la moyenne européenne de 40%, mais comme d’autres pays européens, les Pays-Bas s’efforcent de réduire leur dépendance à l’énergie russe.
La décision du géant russe de l’énergie signifie que deux milliards de mètres cubes de gaz ne seront pas fournis aux Pays-Bas d’ici octobre, avait prévenu GasTerra, ajoutant avoir «anticipé cela en achetant du gaz ailleurs». De leur côté, les 27 pays membres de l’Union européenne (UE)  ont approuvé, lundi soir, un embargo sur le pétrole russe couvrant plus des «deux tiers» de leurs importations depuis ce pays, selon le président du Conseil européen, Charles Michel.  Cette réduction, qui sera mise en œuvre d’ici la fin de l’année, «va  supprimer une énorme source de financement à la machine de guerre» russe et  exercer «une pression maximum» sur Moscou pour l’inciter à mettre fin à la guerre, a-t-il affirmé sur Twitter.
  Ce projet d’embargo progressif sur le pétrole russe avait au départ été bloqué par la Hongrie. Mais une nouvelle proposition de compromis a été discutée, prévoyant un embargo d’ici la fin de l’année avec une exemption temporaire pour le brut acheminé par oléoduc, conçue pour lever le veto hongrois. Seul le pétrole russe acheminé vers l’UE par bateau est concerné par cet embargo dans l’immédiat.
Les dirigeants européens ont aussi discuté de la nécessité d’assurer des liquidités à l’Ukraine pour continuer à faire fonctionner son économie.  Ils ont accordé neuf milliards d’euros à Kiev pour ses besoins immédiats de liquidités, comme proposé par la Commission européenne, a précisé Michel.
Parallèlement à la guerre de l’énergie, l’opération militaire russe entamée le 24 février se poursuit dans l’est de l’Ukraine. Elle se concentre, ces derniers jours, autour de Severodonetsk. «La situation est ultra-compliquée. Une partie de Severodonetsk est contrôlée par les Russes», a indiqué sur Telegram Serguiï Gaïdaï, à la tête de la région de Lougansk. Lundi, le gouverneur avait annoncé que les forces russes avaient avancé  jusqu’au centre de Severodonetsk, ville de quelque 100.000 habitants avant le conflit aujourd’hui en grande partie détruite et désertée.