Russie/Ukraine : Nouvelle session de négociations de paix en Turquie

Des délégations russe et ukrainienne ont entamé, ce lundi en Turquie, un nouveau round de  négociations de paix. Les rencontres doivent se poursuivre jusqu’à mercredi, 30 mars.

Une séance de négociations russo-ukrainiennes en présentiel avait déjà eu  lieu le 10 mars en Turquie, à Antalya, entre les ministres des Affaires étrangères, sans déboucher sur des avancées concrètes. Depuis lors, les discussions se sont poursuivies par visioconférence, jugées «difficiles» par les deux camps.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avait récemment déclaré que la Russie et l’Ukraine ont fait des progrès sur les dispositions «cruciales» d’un accord de cessez-le-feu en cours de négociation, mais certaines questions nécessitaient encore des décisions de la part de leurs dirigeants respectifs. La Russie et l’Ukraine n’ont pas accompli d’«avancées significatives» pour l’instant dans leurs négociations visant à  mettre fin au conflit en Ukraine, a affirmé, hier,  le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Un des points importants des négociations en cours porte sur «les garanties de sécurité et la neutralité, le statut dénucléarisé de notre Etat», a déclaré  le président ukrainien Voldymyr Zelensky à des médias indépendants russes, selon la chaîne Telegram de l’administration présidentielle ukranienne.  «Ce point des négociations est compréhensible pour moi et il est en  discussion, il est étudié en profondeur», a-t-il affirmé. Mais il devra être soumis à référendum et il faut des garanties, a-t-il prévenu.
Sur le terrain, la situation humanitaire à  Marioupol, dans l’est de l’Ukraine, est décrite comme «catastrophique».  Dans la ville assiégée et bombardée depuis des semaines, «la population se bat pour survivre. La situation humanitaire est catastrophique», a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi le ministère ukrainien des Affaires étrangères sur son compte Twitter.
Plus de 2.000 civils ont été tués à Marioupol, d’après un récent bilan communiqué par la mairie. Selon le président ukrainien, quelque 100.000 personnes sont toujours bloquées dans ce port stratégique de la mer d’Azov. Plusieurs tentatives visant à établir des itinéraires sûrs pour les civils ont échoué, les deux parties s’accusant mutuellement de violations de cessez-le-feu.
Le président français a indiqué dimanche qu’il parlerait à son homologue russe Vladimir Poutine pour organiser une opération d’évacuation de la ville. Emmanuel Macron, qui s’est déjà entretenu à huit reprises avec Vladimir  Poutine depuis le début de l’offensive russe le 24 février, reste convaincu que  la voie du dialogue avec Moscou est encore possible, «pour arrêter la guerre  en Ukraine.
L’armée russe a annoncé, vendredi dernier, qu’elle changeait «d’objectif principal» en  Ukraine et qu’elle allait se «concentrer le gros des efforts sur l’objectif principal: la libération» du  bassin minier du Donbass. Léonid Passetchnik, leader du territoire séparatiste de Lougansk (est), dont Moscou a reconnu l’indépendance, a lui déclaré que cette entité pourrait organiser «dans un avenir proche» un référendum pour rejoindre la Russie. Kiev a catégoriquement rejeté cette initiative. «Tous les faux référendums dans les territoires occupés temporairement sont  nuls et non avenus et n’auront aucune légitimité», a réagi Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères.