Sahara occidental : La légalité internationale piétinée

L’Espagne a cédé, avec armes et bagages, au chantage migratoire du Maroc, en allant plus loin que ne l’espérait la puissance occupante du Sahara occidental.
Après la trahison, entérinant les accords tripartites du 14 novembre 1975 rendus désuets,5 années plus tard, avec le retrait de la Mauritanie, l’ancienne puissance qui gérait le territoire sahraoui atourné le dos à son engagement historique en matière de décolonisation.
A l’épreuve de désidératas marocains, Madrid a signé son abdication pure et simple. Dans une lettre, rendue publique sous la pression de la Cour royale marocaine, le ministre des Affaires étrangères espagnol a confirmé la position de son Premier ministre qui considère la proposition marocaine comme étant «la plus sérieuse, réaliste et crédible».
Cette double déclaration a fait l’effet d’une bombe dans le contexte de tensions régionales et de recours permanent au chantage à la paix et à la sécurité des peuples de la région. L’Espagne s’enlise surtout  dans une dérive dangereuse qui affecte la détermination de l’Union européenne à défendre l’intangibilité de ses frontières, réaffirmée avec force lors de la crise migratoire, le consensus interne et le partenariat régional. Des voix de plus en plus fortes montent au sein de ses alliés au gouvernement pour rejeter la position contestée de Madrid. « Toute solution du conflit doit être obtenue dans le respect du peuple sahraoui et de sa volonté démocratique», a martelé la ministre de l’Emploi, Yolanda Diaz, représentante de Podemos acquis au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. La scène politique espagnole bouillonne. Le parti de droite (PPP) a exigé la comparution  de Sanchez (Premier ministre) devant le parlement, qualifiant le revirement du gouvernement espagnol d’«intolérable».
De son côté, la coalition basque, Eukcal Herrira Bildu, a pointé du doigt cette fuite en avant «niant une fois de plus le droit légitime à l’autodétermination du peuple sahraoui». Le renoncement espagnol,  dénoncé par l’Algérie qui a  décidé du rappel immédiat de son ambassadeur pour consultations, tourne indéniablement le dos à la légalité internationale exprimée par les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Cour internationale de justice, les organisations continentales et régionales qui rejettent les allégations marocaines sur la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental formellement déniées par les Etats-Unis.
Le Congrès, excluant le Sahara occidental de la clause relative au Maroc dans la loi 2022, signé par le président Joe Biden, pour être introduite dans le cadre de l’initiative de partenariat des Etats-Unis au Moyen-Orient (MEP), a tranché dans le vif cette question fondamentale inscrite, estime le Congrès américain, «dans la poursuite du processus politique des Nations unies à même de parvenir à une solution juste, permanente et acceptable par les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, conformément aux résolutions pertinentes des résolutions du Conseil de sécurité».
La position est soutenue par les congressistes qui, dans une lettre adressée au président Joe Biden, ont exprimé leur inquiétude du risque «que nos armes puissent être utilisées contre le peuple sahraoui».
Au pied du mur, l’ancienne et actuelle puissance coloniale sont coupables d’un déni de légalité frappée du sceau de l’infamie et de la trahison.
Larbi Chaabouni