Sahara Occidental : Le Front Polisario déplore la capitulation du gouvernement espagnol

Le représentant du Front Polisario en Espagne, Abdullah Arabi, a affirmé que le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez «a cédé à la pression et au chantage» du Maroc dans l’objectif de reprendre des relations politiques et diplomatiques tendues entre les deux pays.

«Le gouvernement espagnol tente depuis des années de satisfaire le Maroc et entretient une certaine ambiguïté sur le dossier du Sahara occidental», a déclaré, samedi, le responsable sahraoui dans un entretien accordé à «Europa Press».
«La reconnaissance espagnole du plan d’autonomie marocain +en tant que meilleure proposition pour résoudre la crise+ met en évidence l’hypocrisie du gouvernement au moment où il parle de la défense de la légalité internationale», a-t-il regretté, ajoutant que l’Espagne «a une responsabilité politique et juridique définie» et que ce qu’elle a entrepris  «est absolument en contradiction avec sa responsabilité».
La présidence de la République sahraouie avait affirmé que la nouvelle position espagnole sur la question du Sahara occidental constitue «une dérive dangereuse» en contradiction avec la légalité internationale, mettant en garde contre les conséquences désastreuses de «la soumission de Madrid au chantage marocain» et à sa demande de sacrifier encore une fois le peuple sahraoui.
Samedi également le gouvernement de la République sahraouie (RASD) a vivement critiqué la nouvelle position exprimée vendredi par le gouvernement espagnol sur la question du Sahara  occidental, la qualifiant de «dérive dangereuse» et contraire aux décisions de la légalité internationale.
«Le gouvernement de la République sahraouie et le Front Populaire de libération de Saguia El-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario) ont été informés avec étonnement, vendredi après-midi, du contenu des deux déclarations émises par l’occupant marocain et le gouvernement de la puissance administrante espagnole», déclare la présidence sahraouie dans un communiqué publié par l’agence de presse SPS. «La position exprimée par le gouvernement espagnol est absolument en contradiction avec la légalité internationale. Les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Cour internationale de justice, la Cour européenne de justice et toutes les organisations régionales et  continentales ne reconnaissent pas la (prétendue) souveraineté marocaine sur le Sahara occidental», précise la déclaration.
«L’Espagne, avec la France, a plus de responsabilités juridiques et politiques que d’autres dans la défense des frontières internationales  reconnues et la lutte contre l’expansion marocaine. Cette responsabilité ne  s’éteint pas tant que le peuple sahraoui n’aura pas pu exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance», souligne la même source. Et d’ajouter: «La position exprimée dans les deux déclarations manque de crédibilité, de sérieux, de responsabilité et de réalisme, car c’est une dérive dangereuse, elle contredit la légalité internationale, elle soutient  l’occupation, elle encourage l’agression et la politique du fait accompli  et de la fuite en avant, et va légitimer la répression, les crimes de  guerre, les crimes contre l’humanité et le pillage des richesses que le  Maroc continue d’utiliser contre le peuple sahraoui, en violation des  résolutions internationales».