Sahara Occidental : Manifestation à Madrid contre le revirement de Sanchez

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi à Madrid, pour dénoncer la nouvelle position du gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sanchez sur la question sahraouie, et réitéré leur soutien au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

Sous le slogan, «Pas en notre nom», les participants, plus de 7.000, selon plusieurs médias, qui se sont rassemblés devant le ministère espagnol des Affaires étrangères, de l’UE et de la Coopération, ont dénoncé ce qu’ils qualifient de «trahison du peuple sahraoui», rappelant que le Sahara Occidental «ne fait pas partie du Maroc, il ne l’a jamais été, c’est un Territoire Non Autonome en attente de décolonisation avec son droit reconnu par les Nations Unies à l’autodétermination et à l’indépendance», selon l’Agence SPS.
En outre, ils ont rappelé que l’Espagne «est la puissance administrante indépendamment de toute déclaration unilatérale ou accord avec des tiers et, par conséquent, l’Espagne ne peut être séparée de ses responsabilités».
Le vice-président de la Coordination espagnole des associations solidaires avec le Sahara occidental (CEAS-Sahara), organisatrice de la manifestation, Maite Isla, cité par «ECS sahraoui», a  réitéré le caractère du Front Polisario «en tant que représentant unique et légitime du peuple sahraoui».
À ce titre, a-t-il assuré, «au vu de l’absence de progrès et de la situation de guerre qui prévaut depuis le 13 novembre 2020 et conscients de l’extrême gravité de la situation, nous faisons un nouvel appel à la société, aux forces politiques, sociales et syndicales, à se joindre à toutes les mobilisations pour exiger une résolution définitive de ce conflit».
«Une fois de plus, ils veulent éliminer les droits du peuple sahraoui et nous n’allons pas le permettre», a déclaré de son côté, l’acteur Willy Toledo à la lecture d’une déclaration du CEAS-Sahara.
La manifestation a vu la participation, entre autres, les eurodéputés de la Gauche Sira Rego et Manu Pineda, le porte-parole de Podemos, Isa Serra, la porte-parole du Mas Madrid à l’Assemblée, Monica Garcia, et le co-fondateur de Podemos Juan Carlos Monedero.
Le Président Ghali salue le mouvement de solidarité en  Espagne
Le jour même, le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Brahim Ghali, a salué le mouvement de solidarité en Espagne de rejet de la dernière position du Premier ministre  espagnol Pedro Sanchez, exprimant à ce propos la confiance de la partie sahraouie et sa satisfaction quant au niveau de solidarité manifesté par l’ensemble des acteurs en Espagne, notamment les partis politiques.
Les déclarations de M. Ghali sont intervenues  à l’ouverture des travaux de la sixième session du Secrétariat national du Front Polisario, au cours de laquelle il a abordé les différents aspects de  la lutte du peuple sahraoui à différents niveaux. M. Ghali a en outre exprimé sa gratitude au mouvement de solidarité en Espagne pour «l’élan qui s’est traduit par son rejet catégorique de la dernière position du Premier ministre espagnol», ajoutant que «nous sommes confiants et satisfaits du niveau de solidarité dont font montre tous les acteurs de la société espagnole et des partis politiques».
Le président sahraoui a également indiqué que «l’Etat espagnol ne saurait  être exempt de sa responsabilité historique, politique, juridique et morale  envers le peuple sahraoui» (…), rappelant l’accord conclu entre les deux  parties au conflit, l’ONU et l’Union africaine (UA), qui a été approuvé par  le Conseil de sécurité de l’ONU et signé par les deux parties, le Front  Polisario et le Royaume du Maroc, à savoir le plan de règlement ONU-Afrique  de 1991.