Saïd Ayachi, président du Comité national de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui : «Le gouvernement espagnol a sous-estimé la réaction algérienne»

Le président du Comité national de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (CNSSPS), Saïd Ayachi, a affirmé, ce dimanche, que l’Espagne a sous-estimé la réaction de l’Algérie qui a aussitôt procédé à la suspension, et non à l’annulation, du Traité d’amitié et de bon voisinage signé en 2002 entre l’Algérie et l’Espagne, après le revirement du chef du gouvernement Pedro Sanchez sur la question du Sahara occidental.
Ayachi a rappelé que cette volte-face a valu au gouvernement espagnol une levée de boucliers de la part du Parlement, des partis politiques et aussi de l’opinion publique.
Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio Chaîne III, Saïd Ayachi n’a pas écarté, dans le même contexte, la survenue «d’autres mesures économiques non pas contre l’Espagne, mais contre Pedro Sanchez qui a trahi la confiance de l’Algérie et mis à mal son avenir politique». «Le conflit se trouve à la frontière algérienne, et il est légitime que l’Algérie réagisse», explique encore Ayachi, estimant que la décision de Pedro Sanchez a porté un coup duraux relations entre Alger et Madrid. Evoquant la succession du roi Mohammed VI et le marasme socioéconomique que vit le peuple marocain, Ayachi explique que la succession du roi du Maroc «n’intéresse en rien le peuple marocain qui subit un grand coup social provoqué par la hausse des prix des produits alimentaires et autres». «La croissance économique est à 1,3%, I’inflation est à 8%, le chômage est à 16,5% et toutes les perspectives économiques sont obscures. Si la population grogne, c’est qu’elle vit une situation sociale dramatique», estime le président du CNSSPS, avant de condamner le massacre des immigrés par la police marocaine.
«Le Maroc a acquis une expertise dans la répression et les exemples sont multiples contre le peuple sahraoui. Il utilise la question des migrants comme un moyen de chantage contre l’Union européenne. Le Maroc est protégé par certains pays au niveau de l’ONU», estime Ayachi qui revient sur la gouvernance de la monarchie marocaine pour dire que «le royaume a tout le temps agi sous les ordres de Paris, Washington et Israël, et Azoulay est là pour coordonner les orientations venues de l’extérieur». «Le gouvernement marocain est incapable de défendre son peuple. Il est beaucoup plus occupé à collecter la rente produite par le haschich estimée à plus de 22 milliards», ajoute-t-il.
Abordant la question des manœuvres militaires menées par l’Africom au Maroc, Saïd Ayachi a tenu à préciser que celles-ci se tiennent sur les terres marocaines et non sur les terres du Sahara occidental, comme le prétend la monarchie marocaine. A ce sujet, il estime que les menaces planent sur le ciel algérien et que le gouvernement algérien est conscient du danger et se prépare à toute tentative militaire étrangère.
M. Benkeddada