Samir Khemissi, président de l’association stop agressivité routière : «Il faut durcir les sanctions»

Le lourd bilan des accidents de la route est un motif pour «un durcissement des sanctions», estime Samir Khemissi, président de l’association stop agressivité routière, selon lequel, les Algériens adoptent un comportement «extrémiste» dans la conduite automobile.

Les retraits de permis ont-ils été à l’origine de la réduction des accidents de la route ?
Nous avons des bilans annuels très importants qui témoignent de l’importance des accidents de la circulation et ce en dépit des constats que nous faisons : 4 mille morts chaque année sans compter le nombre des personnes qui s’en sortent avec de lourdes séquelles physiques. Dans ce cadre, il y a lieu de noter que le parc moto, qui occupe 3% du parc national, représente à lui seul 21% des accidents de la circulation, ce qui est énorme. L’importance de ce chiffre est liée à un gros déficit en matière de formation dans la conduite des motos.
Quelles en sont les causes ?
Les causes sont liées à l’extrémisme dans la conduite où les automobilistes ont tendance à conduire en usant et abusant de la vitesse. Il y a un important problème psychologique qui intervient dans pareil comportement où la vitesse est omniprésente. D’autres comportements anormaux sont aussi mis en cause dans la genèse des accidents. Pour ce, je cite le problème des pères de famille qui font monter 2 ou 3 de leurs enfants sur une moto pour les accompagner à l’école. Ce qui est anormal. Ce sont des pères qui ont une psychologie anormale. Un autre exemple patent, celui des livreurs de colis et de pizzas. Il faut savoir que la majorité d’entre eux conduisent sans permis de conduire et utilisent leur téléphone en pleine conduite. Et l’utilisation du téléphone portable pose un sérieux problème y compris chez les conducteurs des poids lourds, ce qui est inacceptable. Idem s’agissant des conducteurs de voitures qui consultent leur boîte email en pleine conduite et qui ont même recours à des appels vidéo. Il en est tout autant des piétons qui traversent la route, le portable à l’oreille et sans se soucier des automobiliste. Il y a vraiment beaucoup d’anomalies à relever et à traiter
Comment y  mettre fin?
Pour réduire les accidents de la route, je pense qu’il faut réprimer et réviser les lois dans ce sens. Je suis d’avis pour des sanctions autrement plus sévères pour éveiller les consciences. Si un chauffard est à l’origine d’un accident où il a fait une victime, je suis d’avis à ce que ce conducteur soit condamné pour des travaux d’intérêt général et condamné à servir de garde-malade au profit de l’accidenté. C’est à mon sens une sanction pédagogique qui est de nature à dissuader les automobilistes à faire de la vitesse et à causer des accidents. Par ailleurs, il est utile de noter qu’il y a un important problème des chauffards qui usent d’interventions pour récupérer leur permis. Des procès sont également mis en échec suite  à ce genre d’interventions et posent de sérieux problèmes s’agissant de l’application des lois. Il faut savoir qu’il y a beaucoup de comportements anormaux sur la route que nous relevons et nous faisons régulièrement des constats et des recommandations, mais les lois tardent à les prendre en charge
Entretien réalisé par Fatma Zohra Hakem