Santé publique : Le spectre du tabagisme

La Broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO)  est une maladie fréquente chez les fumeurs. Elle est caractérisée par des symptômes respiratoires persistants et troubles ventilatoires obstructifs dûs à des anomalies bronchiques ou alvéolaires causées par une exposition significative à à la pollution de l’air (habitation et atmosphérique), la poussière, les produits chimiques en milieu professionnel et les infections fréquentes des voies respiratoires inférieures au cours de l’enfance.

Toute personne qui tousse et crache tous les matins est susceptible d’être atteint de la  BPCO.  C’est un signe qui ne faut pas négliger. Une BPCO non diagnostiquée et signée risque de se transformer en insuffisance respiratoire chronique.
En Algérie le tabagisme représente 99% des cas et l’association cigarette-chicha n’est retrouvée que dans 1% des cas. Parmi les fumeurs de cigarettes seules, on retrouve 2% de femmes pour 50% d’hommes.  La prévalence de la BPC0 est de 25% chez les fumeurs et de 5,1 %chez les non-fumeurs, 8,1% chez les fumeurs de cigarettes seuls, 9 % chez les consommateurs de chicha et de cigarettes.  Lors d’une journée d’étude organisée par la direction des activités médicales et paramédicales du CHU Beni Messous, à l’occasion de la journée mondiale de la BPCO, le Pr Ghania Malki, spécialiste en pneumologie, affirme que le meilleur moyen de lutte contre cette maladie est de la faire connaître au grand public par les professionnels de la santé.
 « Les gens ne connaissent pas cette infection et d’ailleurs en arabe il n’y a pas un terme qui la définit », a-t-elle dit. Il faut savoir que la BPCO est peu connue du grand public même parmi les professionnels de la santé.  Selon elle, cette pathologie est grave, handicapante, évolutive et longtemps asymptomatique et elle représente un réel danger de santé publique. Cette maladie est caractérisée par une obstruction permanente des branches et qui pourrait devenir selon l’Organisation mondiale de la santé la troisième cause de décès dans le monde d’ici 2030. Elle a souligné l’importance de ne pas confondre la BPCO avec l’asthme bronchique. Le diagnostic passe par la spirométrie, cet outil simple n’est pas toujours disponible au niveau des consultations spécialisées en pneumologie. Sur les facteurs de risque, Pr Malki a cité le tabagisme et la pollution atmosphérique. La spécialiste a affirmé que la lutte contre ces facteurs Antitabac est primordiale dans la prévention de cette maladie mais également la lutte contre la pollution atmosphérique qui reste un point très important pour lutter contre cette infection.
Que faut-il faire ?  Il est nécessaire de mettre en place un plan national de dépistage et de traitement et de définir le nouveau rôle de professionnel de la santé et de développer les moyens de prévention et d’agir en urgence contre les facteurs de risque et appliquer la réglementation en vigueur en ce qui concerne la pollution atmosphérique et le tabagisme actif et passif.  Elle a fait savoir que la réglementation existe mais n’est pas appliquée. Enfin il faut promouvoir le dépistage et le diagnostic de cette maladie en mettant en place des outils simples tel que des questionnaires ce qui permettrait de diagnostiquer facilement cette maladie et de faire une spirométrie de base.
  Samira Belabed