Séance de dédicace du dernier livre d’Abdelkader Bendamèche : Ezzahi, l’interprète qui parlait peu

Pour sa vente dédicace samedi à la Librairie du tiers monde à Alger, dont des femmes âgées attendant leur tour pour la signature par Abdelkader Bendamèche de son dernier ouvrage  Cheikh Amar Ezzahi – ou l’art du renouveau d’un patrimoine ancestral paru  aux éditions Enag.

Le chanteur Amar Ezzahi n’intéresse pas que les amateurs du Chaâbi comme on le croyait, mais aussi de gens de divers horizons dont des universitaires. Depuis son décès, le chanteur qui parlait peu, ne cesse de faire parler de lui. D’ailleurs, certains se sont demandés comment Abdelkader Bendamèche ait décidé et pu lui consacrer un ouvrage de 400 pages. Pour rappel, Bendamèche qui a décidé de mettre fin à sa carrière de chanteur en 1987 se consacre à la recherche et à l’histoire de la chanson algérienne est diplômé de l’École nationale d’administration. Il a également occupé plusieurs postes dont celui de directeur de la production et programmation à l’ENTV et président du Conseil national de la musique et des lettres (Cnal). Il est actuellement directeur de l’Agence algérienne de rayonnement culturel (Aarc). Malgré les postes qu’il a occupé, il n’a jamais cessé d’écrire des ouvrages sur les artistes et poètes. Il a consacré des livres à Sidi Lakhdar Benkhlouf, Mahboub Bati, Hssissen etc. Etonné par la grande foule ayant assisté à l’enterrement d’Amar Ezzahi, il avait décidé de lui consacrer un ouvrage. Le travail n’a été terminé que récemment puisque l’ouvrage n’a été présenté lors du dernier salon du livre d’Alger. Selon des témoignages, aucun chanteur depuis  Hadj M’rizek n’a attiré autant de monde lors de son enterrement.  Et pourtant Ezzahi n’était pas l’homme à courir derrière les caméras, bien au contraire. Il refusait les interviews et rares sont les journalistes ayant pu le convaincre pour un entretien. Parmi eux, il y a justement Abdelkader Bendamèche. Il lui avait, à cette occasion déclaré que, bien qu’il avait été initié à la musique par d’autres artistes dont Kaddour Bachtobdji, son véritable maitre restera toujours Boudjemaâ El Ankis.
La chanson pour s’exprimer
Amar Ezzahi  ne s’exprimait pratiquement que par le bien de la chanson. Il se défoulait lors des concerts et soirées familiales. Les spécialistes se demandent toujours comment a-t-il fait pour toucher autant de monde lui qui n’a laissé seulement que trois ou quatre télévisés. Ce retrait du monde des médias et de la communication a eu l’effet contraire puisque les enregistrements lors de fêtes familiales se vendaient comme des petits pains au niveau des marchés aux puces. Certains disquaires les vendaient  en cachette. Le livre Cheikh Amar Ezzahi – ou l’art du renouveau d’un patrimoine ancestral d’Abdelkader Bendamèche préfacé par Lounis Aït Aoudia, le président de l’Association des amis de la rampe Louni-Arezki fera encore parler de ce chanteur  qui refusait de parler.
Bari Stambouli