Secteur de la distribution du cinéma en Algérie : De nombreuses anomalies

Les professionnels du cinéma algérien son dans le flou total depuis qu’ils ont appris que le fonds d’aide à la production cinématographique est supprimé. Il y’a de quoi quand on sait que l’essentiel si ce n’est la majorité des films algériens ont été produits exclusivement avec le FDATIC.

Dans le désarroi, les professionnels multiplient les démarches aux fins d’attirer l’attention des décideurs et de rectifier ainsi le tir quoique les chose paraissent plus compliquées qu’elle ne le sont en réalité. Mais ils ne veulent pas perdre espoir et ils ont adressé une requête au président de la République.
Le premier interlocuteur des membres de l’Association des producteurs de cinéma algérien devait être la ministre de la Culture mais avec l’instabilité qui existe dans ce secteur, la nouvelle patronne de la culture ne peut en un laps de temps aussi court, prendre des décisions sans savoir de quoi au juste il en retourne. La situation est en plus opaque pour ne pas dire inextricable.
Voyons un peu ce qui se passe du côté du secteur de la distribution cinématographique dans les quelques rares salles de cinéma encore fonctionnels. Que des anomalies !
Jugez-en !  Le cinéaste Ahmed Benkamla n’en finit pas de montrer son film « La Cinquième saison » dans des séances de ciné-club alors que son film, une production récente n’a pas encore connu la moindre distribution commerciale. C’est aberrant !
Le cas est valable aussi pour le film de Anis Djaad, « La vie d’après ».Cette nouvelle production, primée récemment n’a pas trouvé encore preneur dans les salles algériennes après une avant-première. C’est anormal. L’Institut français a organisé des projections de ce film à Alger, Constantine, Annaba et Oran mais aucune maison de culture qui existe dans toutes les wilayas du pays n’a pensé à inviter le cinéaste et son film. Il y’a eu beaucoup de nouveaux films non encore distribués qui sont en train de moisir dans les tiroirs, est-ce logique ?
La salle Ibn Ezydoun programme actuellement « Hopper », « Jujustsu Kaisen » et « Uncharted, la salle Sahel de Chéraga «  Spiderman » et « The Batman », à Constantine, à la salle Ahmed Bey, on propose « Scream » et « Hopper » mais pas un seul film algérien. Mais à l’Institut français d’Alger, c’est un film algérien qui est à l’honneur avec « Soula » de Salah Issaad.
Si nous suivons cette logique, effectivement, il ne faut plus rien produire pour ne devenir que  consommateurs du cinéma étranger et n’attendre que le mois de Ramadhan pour que les chaînes de télévision algériennes nous proposent quelques séries. Mais pas de cinéma. Le cinéma c’est hautement plus raffiné et plus consistant mais cela coûte cher et sans un fonds d’aide à la production, pas de cinéma. Ce n’est pas compliqué !
Abdelkrim Tazaroute