Secteurs électronique et électroménager : Au delà des stands…

À la Foire internationale d’Alger, les fabricants algériens de produits électroniques et électroménagers étaient rendez-vous. Ils ont présenté une large gamme de téléviseurs, de machines à laver, de climatiseurs et de cuisinières haut de gamme. Des stands ont montés sur mesure affirmant l’identité de chaque marque d’entreprise. Couleurs et lumière, déco, jeux concours, hôtesses d’accueil…tout y était pour capter l’attention des visiteurs. Toutefois, la filière souffre du manque de composants, de la rareté et cherté des produits. Le directeur général adjoint du groupe Condor Electronics, Mohamed Salah Daâs confie que les prix des appareils électroménagers ont connu une hausse de 40 à 50%. Selon lui, diverses raisons expliquent cette flambée. Il cite la cherté et la pénurie mondiale de matières premières qui touche aussi l’industrie électronique. «La hausse des tarifs des matières premières oscille entre 200 et 250%», affirme-t-il. Il met également en avant l’explosion des coûts dans le transport maritime, qui a fait passer le prix du conteneur de 4.000 à 22.000 dollars. «Parfois, le prix de la marchandise revient moins cher que le transport», déplore-t-il. Il évoque aussi la taxe énergétique qui varie entre 20 et 25%. Quant au manque de certains produits sur le marché, notamment les climatiseurs, il explique que les opérateurs ne peuvent pas s’approvisionner normalement à cause du confinement en Chine et du problème du transport maritime. Pour lui, le secteur est dépendant de l’approvisionnement. «Malheureusement, on ne trouve pas toutes les matières premières en Algérie. «Certains composants électroniques n’existent pas chez nous. Même si on fabrique la carte mère à Bordj Bou-Arréridj, on doit importer la matière première», explique-t-il. Abdeldjamil Dehamna est chef de production marketing chez Cristor Electronic Sarl. Lui aussi, explique la rareté et la cherté des climatiseurs par la hausse des prix du fret maritime, le manque de matières premières, la taxe énergétique et une demande qui dépasse l’offre. Il estime qu’une étude approfondie est nécessaire pour comprendre cette hausse et tirer toutes les conséquences qui peuvent en découler.

Marketing à revoir
Un représentant de Sonaric électroménager (entreprise publique) indique que les opérateurs du secteur doivent adopter de nouvelles techniques de communication, de marketing et de management pour faire la promotion de leurs produits auprès du consommateur à la lumière de la concurrence des produits étrangers qui inondent le marché. Pour lui, avoir un stand dans un salon reste un outil de communication de premier choix. Il rappelle que Sonaric n’a pas été épargnée par la crise, notamment pour ce qui est des matières premières et de pièces de rechange. Il confie que le secteur n’a pas toute la technologie qu’il faut pour un développement durable. «On ne peut pas vivre en autarcie indéfiniment. Aucun pays au monde n’est capable de subvenir seul à ses besoins.» Il affirme que le marché international a connu une augmentation des prix, ce qui a impacté sur le marché local. Il estime que les nouvelles dispositions et règles techniques fixées dans le nouveau cahier des charges retarde le développement de l’industrie électronique et électroménagère. Sonaric fait l’accompagnement de tous ses produits par une qualité de service ayant pour unique objectif la satisfaction du client. Ses produits sont d’une qualité reconnue, particulièrement les radiateurs à gaz naturel et poêles à mazout.
«Il n’ont jamais été à l’origine d’un accident domestique. La sécurité de nos produits est notre souci majeur», se réjouit-il. Responsable marketing de Geant, Amina Merzoug a mis en avant l’énorme potentiel du marché national de l’électroménager. Elle fait savoir que Geant propose une large gamme de produits pour un rapport qualité-prix satisfaisant. Elle explique la hausse des prix de certains produits par les nouvelles charges fiscales. Elle plaide pour plus de facilités et de souplesse dans l’acquisition des matières premières.
 A.H.