Oran EL BAHIA – Sélectionnées pour les visites aux JM : Les Arènes se parent pour l’événement

L’UN DES PLUS VIEUX SITES CULTURELS D’ORAN, les Arènes, compte parmi les lieux historiques qui feront l’objet de visites guidées lors de ces Jeux méditerranéens.

D’après le premier responsable de ce site, deux visites par jour au moins sont au programme. D’ailleurs, les Arènes se «pouponnent» déjà pour l’événement et les guides sont d’ores et déjà en formation sur les lieux, à l’initiative de l’association Bel Horizon. «Le but, ce n’est pas seulement de faire connaître ces lieux à nos guides mais de développer également leurs réflexes, leur sens d’alerte quand ils remarquent qu’un danger menace notre patrimoine. Nous œuvrons, en fait, au-delà des JM», explique le président de cette association versée dans le patrimoine, Kouider Metaïr. Un groupe d’une quarantaine de jeunes guides et architectes découvrent, pour la première fois, ce lieu qui a accueilli les toreros étrangers et locaux les plus célèbres. Contrairement à ce que beaucoup croient, les Arènes ne datent pas de l’occupation espagnole (XVe-XVIIIe siècle). Mais bien plus tard, durant la période coloniale française. «L’occupation espagnole étant concentrée à Sidi El Houari, l’exiguïté des lieux ne leur permettait pas de construire des arènes. Il a fallu attendre trois siècles plus tard pour que les premières arènes soient édifiées, du temps de l’occupation française. A cette époque, les Espagnols étaient plus nombreux à Oran que les autres communautés européennes», explique Sakina, guide du site. La région comptait, poursuit-elle en direction des jeunes guides, quatre arènes avant celle-ci, toutes construites en bois. Toutes sont détruites par des incendies et leurs traces, aujourd’hui, sont inexistantes, dévorées par les flammes. En 1906, les travaux de réalisation d’une nouvelle arène, en pierres et non en bois, sont entamés et le site est inauguré en 1910. À l’entrée des Arènes, sur un tableau, sont exposées des photos sur l’inauguration officielle de ce site appelé à l’époque «les Arènes d’Eckmûhl». C’est par ce nom qu’est connu le quartier où sont situées les Arènes d’Oran, dont la version oranaise de cette appellation est «Elkmine». C’est là où le chanteur Khaled est né. Les photos montrent également les moments forts des spectacles, entre le torero et le taureau. De très belles affiches également sur les spectacles à venir à cette époque (le dernier remonte à 1959). «Ce n’est pas la couleur du drap qui excite le taureau, mais le mouvement. Le rouge, c’est pour cacher le sang après la mise à mort de l’animal», précise Kouider Metaïr. Les Arènes d’Oran sont uniques de par leur style architectural en Afrique, bâties avec des matériaux de construction locaux, dont la pierre de schiste. En forme circulaire, le site comprend des gradins dont une grande partie d’origine est intacte, une piste ronde couverte de sable, des box où se reposent les taureaux avant le spectacle et un espace réservé à la restauration. Les Arènes d’Oran s’ouvrent sur trois portes, celle de l’entrée principale, officielle, celle des employés et celle des box, sous les gradins. Le site est doté d’une autre porte, derrière, par laquelle les taureaux accèdent à leurs quartiers. De petites pièces bien conservées, quoique le sol eût été refait. L’espace restauration, dont l’architecture du toit, notamment, est grandiose, est divisé en plusieurs box où on servait, à l’époque, à boire, à manger (les recettes espagnoles principalement) et où on vendait aussi des escargots… Aujourd’hui, ces box, une vingtaine, servent de locaux pour les artisans et autres artistes peintres de la région.
 Farida Belkhiri