Séville (Espagne) : Appel à rétablir les relations politiques avec le Sahara occidental

Malgré le revirement de Madrid sur sa position sur le conflit au Sahara occidental sous pressions marocaines, la société civile espagnole réclame toujours le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Dans ce sillage, le candidat de la Gauche unie (IU) en Espagne, Ismael Sánchez, a récemment appelé le Conseil municipal de la ville de Séville à établir des «relations politiques» avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD). «Nous avons besoin de personnes courageuses à la tête des institutions et qui défendent des causes justes», a affirmé le candidat IU, à l’occasion d’une exposition sur le Sahara occidental organisée à la mairie de Séville, selon Europa Press. Le conseil municipal de Séville doit aller«un peu plus loin» et établir «des relations politiques et diplomatiques avec les mairies de la République arabe sahraouie démocratique, ainsi que reconnaître le Front Polisario comme le gouvernement légitime du peuple sahraoui», a soutenu Sánchez. Après avoir participé à un débat sur la situation au Sahara occidental, lors de l’inauguration de l’exposition «El Sahara en fotografias», Sánchez a assuré que ce territoire «doit être libre» et que «le peuple sahraoui frère» a le droit de décider de son avenir et de vivre en paix, ce que veut tout être humain». Le représentant de l’UI a rappelé que deux ans se sont écoulés depuis la «violation unilatérale» du cessez-le-feu par le Maroc, malgré le fait que le conflit ait toujours été «latent» durant ces années -« quoique sans lutte armée» – devant la «honteuse passivité» de la communauté internationale et de l’Espagne. Le candidat à la mairie de Séville a dénoncé, d’autre part, le fait que le Maroc «exploite» les ressources naturelles du Sahara occidental et «attaque quotidiennement» la population sahraouie vivant dans les territoires occupés soulignant que l’Espagne «ne peut pas être complice» de cette «violation systématique des droits humains», commise en toute impunité par le Maroc «sans que personne intervienne, pas même les Nations unies». En ce sens, il a critiqué la «position unilatérale» du président du gouvernement, Pedro Sanchez, en modifiant sa position politique vis-à-vis du Sahara occidental et en considérant «de facto» qu’il s’agissait d’une province du Maroc. Chose que le politicien a qualifiée de «trahison», en rappelant que l’Espagne continuait d’être une «puissance administrante» au Sahara occidental jusqu’à ce que le processus de décolonisation soit achevé. L’exposition consacrée au Sahara occidental organisée par la Fundación Memoria y Cultura est une exposition itinérante qui s’articule sur deux thématiques : d’une part, elle montre la vie quotidienne des Sahraouis et, d’autre part, elle illustre la grande marche tenue en Espagne en 2021 pour dénoncer la guerre déclenchée par le Maroc.