Sidi Mohamed Mimouni, président de l’APW de Bordj Badji Mokhtar: «C’est un rêve qui se concrétise»

Entretien réalisé par Amirouche L.

Premier président de l’Assemblée populaire de la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, issu des dernières élections locales, Sidi Mohamed Mimouni évoque, dans cet entretien, l’expérience de son auguste assemblée à l’édification de la wilaya, les acquis découlant du nouveau statut d’El Bordj et les attentes de la population pour l’amélioration de leurs conditions et cadre de vie ainsi que l’avenir socioéconomique de la région.

Les membres de l’actuelle APW sont les premiers élus dans cette wilaya naissante. Comment vivez-vous cet évènement historique ?
Permettez-moi d’abord de parler en tant que citoyen de Bordj Badji Mokhtar. A l’instar de tous mes concitoyens, la promotion de Bordj Badji Mokhtar au rang de wilaya de plein exercice est un rêve qui vient d’être réalisé. Je tiens d’abord à remercier Dieu, puis le président de la République qui a pris cette décision que je qualifie d’historique, et ce, à bien des égards. Bordj Badji Mokhtar est une wilaya frontalière avec le Mali. De ce fait, c’est une porte de choix vers le Sahel. Notre chef-lieu de wilaya est distant de 800 km d’Adrar, sa wilaya mère avant sa promotion. Désormais, avec le nouveau statut, la donne a complètement changé. Pour revenir à mon propos qualifiant la décision du président de la République comme étant historique, il faut savoir que la promotion de Bordj Badji Mokhtar est intervenue en plein contexte pandémique aggravé par une crise mondiale qui ne fait qu’empirer. En dépit de cette configuration, le premier magistrat du pays est passé à notre grand bonheur à l’acte, en mobilisant les moyens nécessaires pour donner corps à notre espoir qui, faut-il le rappeler, ne date pas d’hier.

Vous avez déjà tenu une assemblée. Quelles étaient vos recommandations à l’issue de vos travaux ?

Notre travail a déjà commencé bien avant la tenue de notre session. Des commissions de l’APW ont sillonné le territoire de nos deux communes pour répertorier les difficultés rencontrées par nos populations ainsi que les manques et les déficits existants de nature à freiner le développement local. Des rapports ont été établis sur l’état des lieux, aux conséquences desquelles nous avons formulé des recommandations. Au cours du travail de ces commissions et de nos différentes sorties sur le terrain, nous avons constaté une volonté réelle de la part de l’exécutif de la wilaya, à leur tête le wali, de juguler les contraintes et améliorer les conditions de vie de nos concitoyens, particulièrement dans les zones d’ombre. L’Etat a également accompagné la naissance de cette wilaya grâce aux différents programmes de financement, notamment dans le cadre des PCD de l’exercice actuel.
La mobilisation de ses ressources financières et le suivi rigoureux des programmes lancés par l’autorité de wilaya ont déjà permis de bénéficier des premiers fruits de cette dynamique, dont je peux citer la disponibilité de l’eau potable à Timiaouine et la réalisation de nombre d’actions pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens. Pour revenir à la session précédente, nous avons traité essentiellement des questions prioritaires telles que l’AEP, l’électricité, le logement, pour ne citer que ces préoccupations. Aussi, d’autres recommandations ont été formulées afin que Bordj Badji Mokhtar soit entièrement désenclavée.

Quelles sont ces recommandations ?

Il s’agit en premier lieu de hâter la réalisation d’un programme de modernisation et de rénovation de la RN6 qui relie Timiaouine à Reggane, via Bordj Badji Mokhtar. Un axe routier névralgique et d’une haute importance économique pour notre région. Nous avons proposé l’ouverture d’une route vers In Salah et vers Tindouf, de sorte à ce que notre wilaya dispose d’un réseau routier à même de réduire le déficit existant en ce sens. Aussi, saluons-nous la décision du président de la République de lancer une étude de réalisation d’un chemin de fer reliant le Sud au Nord. A ce titre, nous proposons à ce qu’une ligne ferroviaire à partir de cet axe principal desserve notre wilaya qui représente une porte stratégique vers le Sahel et l’Afrique subsaharienne.

Le menu de la prochaine session sera consacré à quels dossiers ?
Parmi les dossiers qui seront passés en revue, il sera question, entre autres, de faire le point sur les secteurs socioéconomiques, tels que l’agriculture, l’investissement, l’activité pastorale et tout ce qui s’y rattache. Présenter un diagnostic exhaustif et formuler des recommandations afin que la dynamique escomptée soit lancée le plus rapidement possible. Avec la volonté affichée par l’exécutif de la wilaya, l’engagement des citoyens et le suivi au niveau central, je crois que notre wilaya est en passe de construire son destin.
n A. L.