Site préhistorique d’Aïn Lahnache (El Eulma) : Berceau de l’humanité

Dimanche dernier, le wali de de Sétif, Kamel Abla, accompagné du Secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si Hachemi Assad, ont visité le site archéologique d’Aïn-Lahnache, dans la commune de Guelta- Zarga, relevant de la daira d’El Eulma et ce, en présence du P/APW, du directeur de la culture, du directeur du tourisme, du directeur des travaux publics, des collectivités territoriales et du professeur Mohamed Sahnouni, archéologue.

Ce dernier dirige des projets de recherche portant sur les plus anciennes occupations humaines en Afrique du Nord et conduit des fouilles de sites préhistoriques pertinents, notamment Aïn Lahnache et Aïn Boucherit (El-Eulma) et Tighennif (Mascara), produisant une centaine de travaux publiés en forme d’articles dans des revues internationales à impact et d’ouvrages. Il codirige actuellement des projets en Ethiopie et en Inde. ses travaux ont été aussi présentés dans de nombreux colloques et congrès internationaux dans des pays des quatre continents. Il est récipiendaire de nombreuses bourses et subventions de recherches d’institutions académiques et de prestigieuses fondations aux USA et en Europe.
Pour rappel, le site archéologique «Aïn Lahnache» remonte à l’âge de pierre ancien et est considéré comme l’une des stations préhistoriques les plus importantes au monde, car son histoire est estimée par certains spécialistes du domaine à 2,4 millions d’années, ce qui en fait le site le plus ancien en Afrique du Nord et la qualifie pour occuper la tête mondiale grâce à de récentes découvertes. Au niveau de ce site, le professeur Sahnouni a découvert des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d’années, bien plus anciens que ceux trouvés dans cette région jusqu’à présent, ce qui pourrait remettre en cause l’Afrique de l’Est comme berceau unique de l’humanité. «Mon premier contact avec la zone de recherche de Aïn Lahnache s’est effectué en 1982 quand le doyen Lionel Balout (alors directeur de l’Institut de paléontologie humaine, Paris, France et ancien directeur du Crape, actuellement CNRPAH) m’avait confié l’étude de l’industrie lithique du site de Aïn Lahanche, déposée dans cet institut. En 1992, j’ai lancé les nouvelles recherches à Aïn  Lahneche dans le cadre du projet portant sur la première occupation humaine en Afrique du Nord. Après avoir apporté les réponses aux questions qui caractérisaient ce site et l’avoir daté avec celui d’El Kherba à 1,8 million d’années, en 2008 j’ai commencé l’exploration des niveaux encore plus anciens situés sur l’autre versant de l’oued Boucherit dira le professeur Sahnouni. La région de Aïn Lahnache est une mine de fossiles et de restes archéologiques s’étalant sur des millions d’années.
Deux décennies de recherches sur le terrain dans ce site, dirigées par le professeur Sahnouni, ont montré que les «premiers hommes fabriquaient des outils lithiques en Algérie, quasi contemporains des plus anciens connus en Afrique de l’Est et dans le monde datant de 2,6 millions d’années. Les preuves d’Aïn Lahnache démontrent que la première occupation humaine en Afrique du Nord est beaucoup plus ancienne qu’on le pensait, à savoir de 2,4 millions d’années quasiment contemporaine de celle d’Afrique orientale précise le professeur Sahnouni.
S. Djerdi