La société civile impliquée

La campagne électorale, qui a pris fin mardi dernier, a été marquée par une forte implication de la société civile, consciente de  l’importance de cette échéance dans le processus d’édification de la nouvelle Algérie.

Le mouvement associatif s’est impliqué pour la réussite du rendez-vous électoral, surtout en l’absence sur le terrain des partis. «Ces partis ont opté pour les activités de proximité, discrètes et n’ont pratiquement pas exploité les salles dédiées à la campagne», constate Ali Nedjar, coordinateur de l’Anie (Autorité nationale indépendante des élections) à Ghardaïa. Pour lui, «à cause du nomadisme politique, ils ont perdu toute crédibilité et favorisé l’émergence d’indépendants issus de la société civile qui milite pour un changement et la rupture  avec les pratiques du passé».
Pour Fatima Hamroune, présidente de l’association Intissar de la wilaya de Chlef,«les citoyens sont mobilisés pour améliorer leur quotidien, au vu du laisser-aller constaté et des conditions de vie  difficiles». Son engagement, depuis les années 90, dans l’association dédiée à l’artisanat lui a donné, à elle et aux  nombreux activistes, dont certains sont candidats, «la possibilité de nouer et de maintenir des relations sociales». A l’en croire, la  conjoncture nécessite l’engagement de tous pour réussir la construction de la nouvelle Algérie fondée sur le libre choix. «Nous avons besoin de resserrer les rangs et de  mettre la main dans la main, quelles que soient nos tendances idéologiques pour parachever le processus d’édification des institutions de l’Etat», dit-elle. Elle rappelle que le monde associatif a été particulièrement actif durant la crise sanitaire. «Face à des situations désastreuses, nous avons redéployé nos activités, pour venir en aide aux gens dans le besoin ou impactés par les effets de la pandémie », dit-elle. Tout en espérant une participation massive des électeurs, elle espère voir «des élus à la hauteur, pour prendre en charge les préoccupations les plus fondamentales et assurer le développement local».
Ben Seddik Allia, adhérente à l’association et candidate, met  l’accent sur la nécessité de rétablir la confiance entre élus et citoyens. «Il faut cesser de minimiser les prérogatives des élus locaux et se concentrer sur le travail de proximité.»
Tout en souhaitant des reformes profondes, l’architecte pense que «le rôle des élus est d’accompagner les citoyens, de les former, les sensibiliser aux valeurs requises pour la vie commune». Elle relève qu’outre leur rôle dans la préservation du tissu social et dans la consolidation de l’unité nationale, «ils peuvent contribuer à la concrétisation du développement durable et à la transmission des préoccupations quotidiennes du citoyen dans divers domaines comme l’environnement, le logement, la santé, l’emploi.
Samira Azzegag