Soirée de Ramadhan à l’Oref : Les artistes mettent le feu sur scène

Pour célébrer le mois de Ramadhan et égayer ses soirée, l’Office Riadh El Feth (Oref) a élaboré un programme musical riche et diversifié. Mardi soir dernier, trois artistes de talents se sont produits à la salle Ibn Zeïdoun, à partir de 22 heures.

Une palette artistique soigneusement choisie pour mettre en valeur le patrimoine musical algérien. Des chansons conjuguées dans tous les styles des temps qui traduisent la richesse et la diversité de notre culture. Le ton fut donné par le maestro Samy Zeryab, dans un récital de musique andalouse et algéroise. Face à une salle pleine, le chanteur entame son entrée par un istikhbar qui lui vaut plusieurs applaudissements. Il enchaîne par la suite par «Terhib» l’emblématique chanson «Ahlanwa Sahlan» qui rappelle au public les joies et les réjouissances des mariages avant de rebondir sur «Mal hbibimalou» qui enflamme aussitôt l’audience. Silence au début sidéral non durable du moment où toutes les femmes présentes ont poussé des youyous. Zeryab, de par son talent et sa voix douce, entraîne les mélomanes dans une humeur festive et attrayante. Dans le public, des familles accompagnées de leurs enfants, des jeunes et des couples qui avaient répondu présent à ce rendez-vous de circonstances pour profiter des joies qu’offrent les soirées ramadhanesques de l’Oref. Certains étaient entraînés par la musique et suivaient les percussions, d’autres fredonnaient les paroles accompagnant le chanteur. Pour les plus férus de musique algéroise, la danse est ce qu’il y a de mieux. Plusieurs femmes se lèvent de leurs sièges pour danser, alors que d’autres se permettre même d’offrir un youyou.
C’est ensuite au tour de Bariza Staïfia qui enchaîne sur un rythme de musique chaoui, avec sa chanson «Ya saâdi B’zinejani», accompagnée de flute et de tambour. Personne ne reste indifférent. Tout le public se joint à l’ambiance en suivant par des applaudissements. Yasmine que nous croisons sur place est séduite par l’atmosphère joyeuse de la soirée. «Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant d’ambiance. Je n’ai pas pour habitude de sortir en soirée. Je préférerais les ballades en bord de mer et les retrouvailles en famille. C’est très jouissif, je change d’air», s’est-elle confiée. Accompagnée de sa mère et de ses cousines, la jeune fille assure vouloir assister à d’autres spectacles musicaux pour découvrir de nouveaux artistes et renouer avec la vie nocturne. «Nos habitudes ont été complètement chamboulées depuis le Ramadhan sous la Covid-19. Nous ne sortions plus et, à ce jour, nous avons du mal à nous défaire», a-t-elle regretté. Selon sa mère, Naziha, les gens sont coincés dans un quotidien morose où n’est question que de suivre la disponibilité des produits alimentaires et d’assurer les dîners du ftour. «Nous avons de très bons artistes qui ne demandent qu’à être connus et reconnus à leur juste valeur. Nous devons soutenir l’effort et accompagner le secteur culturel après qu’il ait pâti durant ces trois dernières années», a-t-elle souligné.
La soirée fut clôturée par la prestation envoûtante de Mayles Thanina Sarah, la chanteuse de musique Kabyle qui enflamme le public. Elle entame par sa chanson «Da-waggi id zewwag». D’une voix singulière, la chanteuse elle poursuit par «Thameghra Teslith», face à un public chauffé à blanc. Le paroxysme de l’émotion et de l’ambiance a été atteint lors de l’interprétation de son succès «Axxam-iw». La soirée fini tard dans la nuit après avoir assisté à trois prestations musicales de haut niveau artistique. Le public n’en demandait pas moins. Tous ont été ravis.
Walid Souahi