Sommet arabe d’Alger : Réunions « fructueuses » des délégués et consensus sur les principales questions

L’ambassadeur d’Algérie en Egypte et son délégué permanent auprès à la Ligue arabe, Abdelhamid Chebira, a indiqué mercredi soir à Alger que les délégations participant aux travaux de la 31e session du Sommet arabe étaient venues en Algérie avec la volonté d’assurer le succès de ce rendez-vous arabe qui se veut une « étape importante » dans le  processus de l’action arabe commune.
Lors d’une conférence de presse animée au terme des travaux de la première journée du Conseil de la Ligue arabe au niveau des délégués permanents et des hauts responsables préparatoires à la réunion des ministres des Affaires étrangères en prévision de la 31e session du Sommet arabe d’Alger  (1er et 2 novembre), M. Chebira a affirmé que « les informations selon lesquelles certains pays participeraient au sommet avec des conditions, sont infondées ».
A une question de l’APS, M. Chebira a assuré qu »‘aucun pays ne participe au sommet avec des conditions ». « C’est un Sommet ordinaire qui se tient tous les ans entre les Etats membres en vertu de la Charte de la Ligue  arabe, avec un ordre du jour approuvé par le Conseil des ministres des Affaires étrangères », a-t-il dit. L’Algérie « a déjà abrité trois sommets qui étaient tous importants pour  l’action arabe commune », a fait savoir l’ambassadeur, rappelant que le sommet de 1973, sous l’égide du Président Houari Boumediene, avait été couronné par la reconnaissance de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en tant qu’unique représentant du peuple palestinien.
L’Algérie avait alors réussi à réaliser un consensus entre de nombreuses parties antagonistes autour de la représentation des Palestiniens, a-t-il ajouté. Le Sommet extraordinaire de 1988, tenu à la demande de l’Algérie et présidé par le Président Chadli Bendjedid, était un sommet de « soutien à la lutte du peuple palestinien », a souligné M. Chebira. L’Algérie a également abrité le sommet de 2005 appelé « Sommet des réformes » qui a été sanctionné par des décisions qualifiées par   l’ambassadeur de « bonnes pour la réforme de la Ligue arabe et de ses organes, a-t-il rappelé, ajoutant que le quatrième sommet qui se tient aujourd’hui sous le slogan « unification des rangs arabes » se penchera  essentiellement sur les questions arabes.
«Un débat objectif»
Les réunions préparatoires des délégués permanents ouvertes mercredi, qui ont été « fructueuses et marquées par un débat objectif », ont abouti à un consensus sur les principales questions, a précisé M. Chebira, ajoutant que « le consensus est la règle en vigueur lors des sommets arabes, en dépit de  certaines divergences entre les Etats ».
La réunion a porté sur le traitement de plusieurs questions politiques et socio-économiques, a-t-il fait savoir, soulignant que sur le plan politique, la question palestinienne a été examinée en tant que principale question, outre la situation en Libye, au Yémen et en Syrie, ainsi que les relations  arabes en général.
Sur le plan économique, la réunion a abordé le dossier de la sécurité alimentaire arabe, proposé il y a des mois, notamment depuis le  déclenchement du conflit en Ukraine qui a eu des répercussions négatives et directes dans bon nombre de pays arabes. Cette question a été au centre des intérêts de la Ligue arabe et des organisations qui en relèvent, qui se sont penchées sur l’évaluation de la situation sécuritaire et alimentaire arabe et sont parvenues à des résultats tangibles et des propositions pour la relance de ce secteur.  Celles-ci seront approuvées par les pays arabes et lancées immédiatement après le sommet. Quant à la 3e partie du débat, elle est dédiée, selon le représentant de l’Algérie, à l’examen et l’évaluation des questions d’ordre social concernant les jeunes, l’enseignement, le tourisme et autres.  A une question sur l’initiative de paix arabe, M. Chebira a indiqué qu' »en dépit de la longue durée qui s’est écoulée depuis l’adoption du plan arabe à Beyrouth en 2002, il n’en demeure pas moins que la partie arabe demeure attachée à cette initiative pacifique », soulignant que  » le Sommet débouchera sur une recommandation qui appelle à son application, dans l’objectif d’instaurer une paix juste et équitable au Proche-Orient, une paix qui restitue à la base les droits légitimes du peuple palestinien pour l’établissement de son Etat indépendant, avec Al-Qods Est comme capitale ».
La cause palestinienne demeure le point axial dans les travaux du Sommet
L’ambassadeur a réaffirmé, en outre, que la cause palestinienne demeure le point axial dans les travaux du Sommet, rappelant l’initiative menée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune depuis le début de l’année, dans la réunification des rangs palestiniens et la réconciliation et qui a été sanctionnée par la Déclaration d’Alger signée par 14 factions palestiniennes qui se sont engagées à sa mise en œuvre, en vue de renforcer les rangs palestiniens et aller vers le processus de règlement de la  question palestinienne.
Abordant la crise libyenne, il a assuré qu’elle figure parmi les plus importantes questions inscrites à l’ordre du jour du Sommet qui tend à trouver un règlement à la situation interne, à travers la promotion du dialogue entre toutes les parties, en allant de l’avant vers l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres et intègres, sans ingérence étrangère. M. Chebira a rappelé que l’Algérie « a consenti des efforts colossaux pour le règlement de la situation dans ce pays voisin, au niveau arabe et africain, et même international, en œuvrant à la réalisation de l’unité de la Libye et de l’intégrité de son territoire et en faveur d’une issue à la crise dans les plus brefs délais ».