Station de Tigzirt : Fréquents arrêts et redémarrages

La station de dessalement de Tigzirt, où les travaux ont été lancés en avril 2003, a été inaugurée en août 2004. Depuis, à cause de pannes, elle n’a jamais bien fonctionné.

D’une  capacité de 2 500 mètres cube par jour, la  station «monobloc», qui s’étend sur 2.000 m², a coûté 10, 3  milliards de centimes. Elle devait venir en appoint au réseau d’alimentation de la région appelé MTI (Makouda-Tigzirt-Iflissen). L’eau de mer traitée au niveau de la  station est acheminée via une conduite d’amenée d’une longueur de 384 m à partir du forage de 8,5 m de profondeur réalisé par la société Getam. La station devait permettre d’alléger la pression sur la demande en eau potable à Tigzirt et dans les villages avoisinants qui souffrent, depuis de nombreuses années, d’un manque flagrant du précieux liquide. «La  station desservira 24h sur 24 la population de Tigzirt, estimée à 17 000 habitants», avaient déclaré les responsables à l’époque. Mais si l’engagement fut plus ou moins respecté au grand bonheur de la population et des estivants, au fil des jours les problèmes ont  commencé. Ce fut d’abord des coupures récurrentes de l’énergie électrique alimentant les équipements, considérés pourtant comme ultramodernes. De mauvaises langues ont laissé entendre que la station importée d’Espagne avait déjà servi avant qu’elle nous soit refilée. Puis vinrent les soucis d’envasement et d’ensablement de la crépine puis les ruptures de la conduite acheminant l’eau de mer. Des réparations de fortune sont opérées avant que la station ne s’arrête et les machines ne rendent l’âme définitivement fin 2010. Il a fallu attendre 2017 pour que la situation de la station soit revue avec le diagnostic des avaries. Il a été procédé à l’importation d’éléments et composants de toute la mécanique sans les osmoseurs qui n’ont pas été remplacés. L’entreprise Foremid a fait renaître la station une année plus tard. «C’est comme faire renaître un cadavre»,  a confié, lors de la remise en marche des machines le 1eraoût 2018, un cadre de l’entreprise. Dans un premier temps, la station a fonctionné avec la moitié de ses capacités produisant 1.200 à 1.500 m3/j. L’embellie fut de courte durée. Après l’été, les machines ont une nouvelle fois rendu l’âme et il a fallu  l’intervention du wali, en 2019, pour que les machines se remettent à tourner partiellement. La  station a repris du service avec un débit variant entre 600 et 900 m3, ce qui reste insuffisant et oblige l’ADE à rationaliser la distribution de l’eau dans les robinets de la ville de Tigzirt avec une plage d’un jour par semaine.
Mais depuis peu, elle enregistre de nouvelles pannes,  dues, selon les responsables du secteur des ressources en eau, à la vétusté des équipements. Selon eux,  la solution consiste  en un changement total de tous les équipements notamment névralgiques. «Nous en avons fait la demande mais nous attendons les crédits pour l’achat de pièces  et l’acquisition d’un nouvel équipement», confie l’un d’eux.
Tamda Ouguemoun : Le projet d’une station toujours gelé
La wilaya de Tizi-Ouzou devait bénéficier d’une autre station de dessalement dont l’implantation est prévue à Tamda Ouguemoun dans la commune d’Iflissen. Mais le projet a été gelé faute d’argent.
Le  projet a été initié suite à l’annulation du projet d’alimentation du flanc nord de la wilaya à partir de la station de dessalement de Cap Djinet – wilaya de Boumerdès- qui n’a pas  abouti  à cause d’oppositions sur son tracé. Le ministère des Ressources en eau s’est rabattu alors sur le site de Tamda car le laboratoire maritime a estimé que la qualité de l’eau de mer y était bonne. Une  station devait être réalisée en deux phases. D’abord un bloc qui produira entre 20.000 et 30.000 m3 d’eau /jour puis un second qui portera la quantité à 60.000 m3/j. En attendant, les localités du  littoral de la wilaya vivent au rythme du rationnement de l’eau pompée à partir du barrage de Taksebt dont la quantité est insuffisante.
Rachid Hammoutène