Superettes : Le lait et l’huile se font rares

Après une année marquée par la hausse vertigineuse des prix de plusieurs denrées alimentaires, 2022 commence sous le signe de pénuries.

Des consommateurs sont surpris de constater le manque de produits de première nécessité, comme le lait et l’huile de table introuvables sur les étals Des scènes de panique sont enregistrés devant des supérettes de certains quartiers de la capitale.
L’on se rappelle qu’un sachet de lait a même coûté la vie à un jeune trentenaire, le 29 avril dernier, dans la wilaya d’Annaba. La hausse des prix et la rupture de stocks de certains produits alimentaires sont les sujets qui reviennent fréquemment dans les discussions entre voisins, amis et chez les habitués des transports en commun. Beaucoup d’entre eux se disent révoltés. «On peut se passer de steak et de banane, mais tout même pas du petit-déjeuner et de frites», ironise un homme dans le train qui menait vers Zéralda.
Cette indisponibilité alimente peur et théorie de complots. «Mon mari a fait le tour de plusieurs supérettes avant de trouver une brique de lait, à Ouled Fayet», confie Warda, une jeune maman. «Dans l’espace commercial où mon mari a l’habitude de faire ses emplettes, les clients n’avaient pas le droit de prendre plus de deux briques à 250 DA l’unité», ajoute avec étonnement notre interlocutrice.
A l’en croire, un commerçant du quartier prévoit même une pénurie de lait au cours des trois prochains mois, en raison d’un manque de  poudre de lait. «Une situation des plus inquiétantes», lâche-t-elle.
Pour le sachet de lait, très prisé par les ménages en raison de son prix accessible, «il faut se lever tôt», ricane Aâmi Hacène. Les clients se le disputent et il est pratiquement introuvable à partir de 9h du matin. Appréhendant une pénurie de longue durée, Rachid, un sexagénaire, affirme avoir stocké des boîtes de lait de poudre. «Mes petits- enfants ne prennent que du lait au petit-déjeuner. Je ne veux pas qu’ils en soient privés», poursuit-il, non sans quelque déception.
Le ministère de l’Agriculture, faut-il le rappeler, n’a accordé de dérogations sanitaires pour l’importation de la poudre de lait aux opérateurs de la filière qu’à compter du 22 décembre dernier. Bien que saluée par les investisseurs de la filière lait, ces derniers recommandent que l’introduction de la commande doit se faire trois mois à l’avance pour éviter toute pénurie. Autrement, cette pénurie affectera aussi les dérivés comme les fromages et les yaourts.
Un client rencontré à Saïd-Hamdine raconte que la semaine dernière, l’huile de table subventionnée était introuvable. Selon lui, pendant plusieurs jours, les gens couraient dans tous les sens pour acquérir un bidon. Pour pallier ce déficit, des camions distributeurs font désormais le tour de certains quartiers.
Samira Azzegag