Syndicats autonomes de l’éducation : «L’année scolaire maintenue»

Les syndicats autonomes de l’éducation appellent au maintien de l’année scolaire et rejettent catégoriquement la suspension des cours ou une quelconque annulation d’un trimestre sous prétexte de la propagation de l’épidémie.

Pour Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), estime que la situation épidémiologique actuelle dans notre pays, et sur la base des cas quotidiens de contamination, ne nécessite pas d’aller jusqu’à la décision de fermer les établissements d’enseignement et de suspendre les cours. Il souligne que la décision d’annulation reste la dernière option à laquelle il faudra recourir en cas d’urgence. Selon le même responsable, le ministère de tutelle est assez capable de contrôler et de gérer la situation épidémique dans le milieu scolaire, conformément à une méthodologie et une stratégie spécifiques. Dans le cas où la pandémie s’aggrave, il précise que c’est à ce moment-là qu’il faut suspendre les cours de façon partielle au niveau local et ensuite au niveau national. «Pour l’instant, l’épidémie est bien contrôlée au niveau des établissements scolaires», rassure-t-il.
De son côté, Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), a défendu avec force la poursuite de la saison scolaire, estimant que la fermeture à nouveau des écoles ne limitera pas la propagation de l’épidémie à l’extérieur et à l’intérieur du milieu scolaire. Il note que les modules enseignés sont plus souples et le programme est important, d’autant que le volume horaire a été réduit, comme c’est le cas chez les élèves du cycle primaire, par exemple, qui n’étudient que 10 heures par semaine. Il précise que la fermeture préventive doit se faire partiellement dans certains établissements scolaires où le nombre de cas de contamination est en hausse, ou dans le cas où la situation épidémiologique s’aggrave. Pour lui, la fermeture totale est à éviter pour ne pas priver les élèves d’école. Amoura met en garde contre certains groupes qui essaient, par tous les moyens, de répandre à grande échelle la rumeur d’une grave détérioration de la situation épidémiologique  dans le pays, notamment à l’école, afin de pousser les autorités à suspendre complètement l’année scolaire. Selon lui, les cas enregistrés en Algérie sont inférieurs à ceux enregistrés dans certains pays qui ont atteint 220.000 cas par jour, comme en Turquie, en France et au Liban.
Pour sa part, le Cnapeste appuie la poursuite de l’année scolaire, à condition que tous les moyens humains et matériels soient disponibles et doivent contribuer au respect du protocole sanitaire préventif. Il recommande ainsi la levée du gel sur les concours de recrutement d’enseignants pour renforcer le secteur et atténuer la pression. Ceci  dit, le Cnapeste met en garde contre tout agissement qui tend à perturber les écoles. Il rappelle que le nombre d’élèves doit être réduit au niveau des classes de tous les établissements éducatifs et appelle au respect strict des gestes barrières qui a disparu dans certaines écoles, notamment dans les classes et les couloirs.
Rym Harhoura