Syndicats de l’éducation : Entre approbation et réprobation

Faire contre mauvaise fortune bon cœur. Les syndicats de l’éducation semble résignés face à la décision des pouvoirs publics de fermer les écoles pour une période de 10 jours. Certains syndicats émettent des réserves et d’autres estiment que face à un problème sanitaire d’une telle ampleur, il n’y a pas d’autres solutions.

Le porte-parole du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, appréhende les conséquences de l’arrêt des cours quelques jours après la fin des vacances d’hiver. «Fermer les établissements scolaires n’a jamais été la bonne solution. Nous avions demandé de procéder au cas par cas.» Pour le syndicaliste, «la situation épidémiologique est certes inquiétante, mais pas alarmante et ne justifie nullement la fermeture de tous les établissements scolaires».
S’appuyant sur des statistiques, le porte-parole du Satef précise : «Nous avons 30.000 établissements scolaires et environ 11 millions d’élèves, alors que le nombre de contaminations au niveau national ne dépasse pas les 2.000 cas.» Il rappelle que la rentrée scolaire 2020-2021 a été retardée de plus de 15 jours. «Prévue pour le 4 septembre, elle n’est intervenue que le 21 septembre, sans oublier la prolongation des vacances d’hiver d’une semaine lors du premier trimestre», souligne Amoura, qui ajoute que «la fermeture des écoles aura des conséquences regrettables sur la dispense des programmes».
«Nous ne sommes qu’à 30% du taux d’avancement. Nous ne pourrons jamais terminer les programmes scolaires à temps», affirme Boualem Amoura, qui pense qu’à ce rythme-là, «le ministère de l’Education n’aura pas d’autre choix que d’opter pour le seuil du programme scolaire lors des examens de fin d’année». Abondant dans le même sens, le porte-parole du Satef indique qu’avec «le plan exceptionnel d’enseignement adopté cette année, nos élèves n’auront droit qu’à 80 jours effectifs de cours, soit deux mois et demi de cours seulement».
Par ailleurs, Amoura estime que cette trêve ne sera malheureusement pas profitable aux élèves. «Comme vous pouvez le constater, les enfants sont en vacances et au lieu de réviser leurs cours, ils sont dans la rue», indique-t-il. Il regrette qu’aucune «leçon n’ait été tirée de cette pandémie qui perdure», car, selon lui, «il était impératif de renforcer et encourager l’enseignement à distance».
En revanche, Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome enseignant du secteur ternaire de l’éducation a salué la décision prise, jugeant qu’elle est appropriée afin de limiter la circulation du virus dans les écoles.
Toutefois, il préconise la mise en place de moyens nécessaires pour renforcer le protocole sanitaire dans les établissements scolaires afin de protéger les élèves. Selon lui, «ces dix jours sont largement suffisants pour désinfecter les écoles et assurer tous les moyens nécessaires pour limiter la propagation du omicron», connu pour sa contagiosité. Précisant, à cet effet, que «la désinfection des établissements scolaires aurait dû se faire au cours des vacances d’hiver pour prévenir la quatrième vague». Pour les heures perdues, Boudiba, juge facile de les rattraper, en dispensant des cours entrant dans le cadre d’un processus de rattrapage. «Toujours est-il, les victimes restent les élèves», conclut-il
Samira Azzegag