Syndicats de l’éducation : Revoir le coefficient à la hausse

L’histoire de l’Algérie est-elle suffisamment enseignée à l’école. Pour certains syndicats de l’éducation, ce n’est pas le cas. Car malgré son enseignement depuis la troisième année primaire, des partenaires sociaux notent que les élèves ignorent l’histoire de leur pays.

Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, Boualem Amoura, a regretté que la nouvelle génération ne connaisse pas son histoire. Il déplore le «manque d’importance» accordée à la matière. Tout en soutenant la nécessité d’enseigner l’histoire universelle, il plaide à ce que la note ait la part du lion dans le programme scolaire et un volume horaire consistant.
«Nous n’avons rien fait pour enseigner notre histoire. Il est regrettable de constater que nos élèves ne connaissent rien de  l’histoire du pays. Ils ignorent même les événements les plus marquants. Connaître son histoire, c’est pouvoir se défendre, répondre à toute forme d’atteinte à notre legs et connaître son avenir», souligne-t-il. Selon lui, le passé historique doit être pris en considération pour répondre aux défis actuels et ceux d’avenir. Dans ce sillage, Amoura relève l’importance de former des enseignants dans cette spécialité.
De son côté, le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation, Messaoud Boudiba, a lui aussi rappelé que les programmes scolaires reflètent peu notre histoire. Il met en avant l’importance de la matière qui fonde notre identité et renforce la citoyenneté. Pour lui, il faut hisser cette discipline au rang des matières essentielles afin d’inciter les élèves à s’y intéresser. «Il faut augmenter son coefficient et revoir le contenu», a-t-il encore plaidé. Tout comme Amoura, Boudiba a estimé nécessaire de former des enseignants.
Pour sa part, le président du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie, Zoubir Rouina, a reconnu que l’histoire est «insuffisamment enseignée». Il a expliqué qu’en tant que matière, elle intéresse peu les élèves. «La discipline doit avoir la part du lion dans les programmes  scolaires. Il faut aussi penser à la valoriser en précédant à l’augmentation de son coefficient», a-t-il indiqué. Et d’ajouter que les enseignants doivent changer la manière d’enseigner cette matière, en invitant des personnalités nationales pour des conférences sur les événements phares de notre histoire. Autrement dit, il a estimé qu’il faut sortir de la théorie pour organiser des sorties et visiter les différents sites ayant abrité des événements. Pour lui, la mise en place de l’enseignement de l’histoire dépend d’«une volonté politique». En plus, «il faut au préalable identifier et préciser clairement les objectifs et les buts qu’on veut attendre», a-t-il clamé.
Amokrane H.