Syndicats et parents d’élèves pas contents des résultats scolaires

Les partenaires sociaux ne sont nullement satisfaits des résultats de la première partie de l’année scolaire en cours, tous paliers confondus, contrairement au ministère de l’Education. Des syndicats regrettent que la tutelle ait fait une évaluation satisfaisante.

Le président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), Khaled Ahmed, a estimé que les résultats ont été juste moyens et même très faibles quand il s’agit des élèves des premières années moyenne et secondaire. Ila expliqué cette mauvaise performance par la décision de l’année dernière du ministère de fixer la moyenne de passage pour le cycle primaire à 4,5/10 et 9/20 au secondaire. «C’était une erreur à ne plus refaire», a-t-il estimé.
Pour ce qui est des élèves de la terminale, le président de l’ANPE a tenté de justifier les mauvais résultats par le fait que ces derniers misent beaucoup sur le bac en accordant peu d’intérêt aux résultats annuels. Mais pour Khaled Ahmed, personne n’est responsable de ce bilan, hormis la crise sanitaire. «Ni le ministère ni les parents et encore moins le corps enseignant et les élèves ne sont responsables des résultats, car ces derniers sont presque les mêmes dans tous les pays du monde, à cause du contexte sanitaire difficile», a-t-il expliqué.
Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, a qualifié de «médiocres» les résultats à tous les niveaux et qui reflètent «le niveau bas de l’école algérienne. Il a affirmé qu’au-delà des résultats, le mal est profond. «Ce qui inquiète le plus est la qualité des pré-requis pas du tout satisfaisants avec l’accroissement du nombre d’élèves en difficulté, a l’image de ceux de la 1re année moyenne quine savent ni lire ni écrire», a-t-il regretté.
Moins tranchant, le coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, a estimé que les résultats étaient «mitigés». «Il est vrai qu’il y a eu des félicitations, des encouragements, mais il ne faut pas voir uniquement l’arbre qui cache la forêt», a-t-il tempéré. Selon lui, les résultats ne sont pas satisfaisants pour la majorité des élèves, et ce, pour diverses raisons, entre autres l’arrêt pour huit mois de l’activité pédagogique, le changement des méthodes de travail et la précipitation dans l’exécution des programmes. «On ne peut jamais dire que nous avons atteint les objectifs pédagogiques habituels. Il s’agit, au contraire, de faire une analyse critique pour pouvoir préparer la deuxième partie de l’année dans des meilleures conditions en comblant les lacunes et en corrigeant les insuffisances», a soutenu Meriane.
Et d’ajouter: «Se satisfaire des résultats, cela veut dire qu’on continuera de la même manière et dans la même méthode qui risque de faire chuter encore les résultats. Il ne faut pas voir toujours le côté positif. Nous demandons simplement que l’évaluation se fasse correctement. Il ne faut pas dire que tout va bien car on risque de se retrouver par la suite face au mur».
Amokrane H.