Syrie : Tirs de roquette contre une base américaine

Deux tirs de roquettes ont visé, vendredi soir, la base américaine d’al-Chaddadeh dans le nord-est de la Syrie, au sud du gouvernorat de Hassaké, a annoncé ce samedi le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom).
 L’attaque, qui a ciblé les forces de la coalition internationale vers 22h30 (21h30 GMT), n’a fait ni victime ni dégât dans la base, selon la même source. Centcom n’a pas précisé l’origine des tirs, intervenant alors que des positions kurdes du nord de la Syrie sont visées par une série de raids  aériens de la Turquie depuis dimanche dernier. «Les attaques de cette sorte mettent en danger la population civile et les forces de la coalition et fragilisent la sécurité et la stabilité durement acquises de la Syrie et de la région», a estimé le porte-parole de Centcom, le colonel Joe Buccino.
  Mardi dernier, une frappe turque contre une base conjointe des forces kurdes et de la coalition internationale antiterroriste, dans le nord-est de la Syrie, a mis les forces américaines en danger, selon le Centcom. Un drone turc a bombardé la base, faisant deux morts parmi les combattants kurdes. Les tirs d’artillerie turcs ont aussi repris vendredi dernier contre la province de Hassaké, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui n’a pas fait état de victimes.
 La Turquie dit être décidée à sécuriser sa frontière, affirmant que l’attentat ayant fait six morts et 81 blessés au cœur d’Istanbul le 13 novembre, a été commandité de Kobané, dans le nord de la Syrie, ce que les Kurdes ont démenti.
 Ankara indique cibler, depuis le 20 novembre, des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de ses alliés des Unités de protection du peuple (YPG), composante dominante des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les Kurdes soutenue par les Etats-Unis quiont exprimé leur opposition «à toute action militaire qui déstabilise la situation en Syrie», selon les termes de Joe Buccino, porte-parole du Centcom.
Par ailleurs, une base militaire russe dans la région a été ciblée par des drones turcs mercredi dernier, a déclaré un responsable des forces kurdes. Un combattant kurde a été tué et trois autres ont été blessés, selon la même source. Le Kremlin avait exhorté, la veille, la Turquie à ne pas «déstabiliser la situation». «Nous comprenons les préoccupations de la Turquie relatives à sa propre sécurité (…) Mais dans le même temps, nous appelons toutes les parties à se garder de toute initiative qui pourrait mener à une grave déstabilisation de la situation globale», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Entre 2016 et 2019, la Turquie, qui veut créer une «zone de sécurité» de 30 kilomètres de large le long de sa frontière Sud, a mené trois opérations d’envergure dans le nord de la Syrie contre les milices et organisations kurdes. Dans l’opération en cours, Ankara promet une opération au sol.
Toutefois, la Turquie est «plus déterminée que jamais» à protéger sa frontière avec la Syrie des combattants kurdes, a répété mercredi dernier le président Recep Tayyip Erdogan. «Notre opération avec nos avions, nos canons et nos drones n’est qu’un début. Notre détermination à protéger toutes nos frontières Sud (…) par une zone de sécurité est plus forte aujourd’hui que jamais. Nous allons poursuivre nos opérations aériennes sans interruption et nous entrerons sur le terrain des terroristes au moment qui nous semblera opportun», a-t-il lancé à l’Assemblée.