Tamanrasset : Nouveaux projets, nouvelle ère 

Tamanrasset, capitale d’Ahhagar, connaît des transformations profondes suite au nouveau découpage administratif ayant conduit à la création, autour de la wilaya mère, de deux nouvelles wilayas, à savoir In Guezzam et In Salah. Le défi est doublement grand, tant il est question d’accompagner d’abord les deux wilayas naissantes dans leur décollage et puis de lancer plusieurs chantiers de développement dans les cinq communes restantes, notamment Tamanrasset, afin de reconstituer ses propres ressources.

Tamanrasset est une région touristique par excellence. Elle a dû traverser une période des vaches maigres durant les deux ans de la pandémie de la Covid-19, qui a paralysé plusieurs activités. De l’avis des professionnels, le secteur du tourisme reprend ses forces progressivement à partir de cette saison touristique après une stagnation totale de plus de 18 mois. «Les agences de voyages et les structures hôtelières ont chômé des mois durant et dès que la situation sanitaire s’est améliorée, nous avons programmé un Eductour, en septembre 2021, au profit des professionnels du tourisme, en prévision d’une relance de l’activité touristique dans la wilaya», indique Abdelkader Ben Messaoud, directeur de l’Agence Taha Tours.
L’autre secteur impacté de manière directe par la récession du tourisme est l’artisanat, qui constitue un créneau névralgique pour la région, laquelle dénombre pas moins de 7.000 artisans. «Depuis trois ans, nous avons perdu une grosse partie de notre clientèle potentielle, à savoir les touristes étrangers, qui donnent de l’importance à nos produits artisanaux et à leur originalité. L’activité agonise et peine à reprendre», déplore Sihem, artisane rencontrée au salon de l’Assihar.
 Une ville cosmopolite aux mille et un…métier
De par son emplacement géographique stratégique, Tamanrasset revêt l’aspect d’une ville cosmopolite accueillant plus de 57 nationalités africaines en plus des habitants de toutes les wilayas. Ce qui fait la prospérité de plusieurs activités commerciales au point de devenir La Mecque des demandeurs des petits emplois. Transport urbain par taxi, recyclage des déchets en plastique, quincaillerie, maçonnerie, menuiserie, boulangerie, restauration, commerce des produits alimentaires et services sont les segments les plus attractifs pour la population du nord du pays et les migrants subsahariens en quête d’emploi.
«Malgré la crise sanitaire, Tamanrasset grouille de monde et les opportunités de travail ne manquent pas. Il suffit juste de chercher et ne pas rechigner à exercer les petits boulots proposés», atteste Djamel, originaire de Jijel et propriétaire d’une boulangerie à Tahagart. Du côté des chauffeurs de taxi, c’est un autre son de cloche. Les retombées de ce coup dur ont été, semble-t-il, ressenties dans plusieurs activités commerciales qui, d’habitude, connaissaient une dynamique importante grâce à l’affluence des touristes. À en croire les dires de certains propriétaires de  taxi rencontrés dans la ville de Tamanrasset, «ces derniers tirent le diable par la queue». «Je suis originaire de M’ssila et je travaille à Tamanrasset depuis 30 ans. Je n’ai jamais vécu une crise aussi rude que celle-ci. La Covid nous a enfoncés dans la précarité,  n’étaient les quelques sous  glanés ici et là des déplacements des clients au Centre-Ville. Auparavant, on gagnait suffisamment notre vie ici à Tamanrasset. Ça tournait autour de 15.000 dinars par jour», témoigne un chauffeur de taxi. Et pour tenter d’atténuer un tant soit peules conséquences de la crise sanitaire et reprendre l’activité commerciale, la Safex, en coordination avec les autorités locales, ont décidé d’organiser cette année le 35e salon de l’Assihar du 26 décembre 2021 au 8 janvier 2022. Malgré la période jugée par certains participants à cette manifestation «peu propice», ce carrefour, qui a regroupé plus de 200 opérateurs économiques nationaux, a permis à beaucoup d’entre eux ainsi qu’aux artisans de renouer avec les échanges commerciaux, étant l’élément vital pour la pérennité de toute activité.
L’Assihar, qui signifie en tamachaq rencontre, revêt une grande importance pour la population locale et celles des pays limitrophes. Ce marché, qui a commencé par de simples transactions de troc, prend aujourd’hui des proportions beaucoup plus grandes et devient une référence dans la pratique commerciale au Sahel. Une réputation que les autorités locales de Tamanrasset veulent valoriser davantage. Ils envisagent d’ailleurs d’organiser ce rendez-vous  tous les trois mois ou même chaque mois, où l’on prévoit de  consacrer chaque rencontre à un pays africain précis pour faire de la capitale d’Ahhagar, un véritable portail  sur le marché africain.
De notre envoyée spéciale : Aziza Mehdid

 

Toufik Laiouar, SG de la wilaya de Tamanrasset : «Il y a un sérieux problème d’énergie qui entrave les grands investissements»
 
Dans cet entretien,  le secrétaire général de la wilaya de Tamanarasset, Toufik Laiouar revient sur la problématique du développement local de cette wilaya frontalière. Il affirme qu’elle est un grand chantier ouvert pour la relance des secteurs pivots, notamment les mines et le tourisme. Cependant, Laiouar tient à souligner que la wilaya, qui n’est pas reliée au réseau national d’électricité, souffre d’un manque d’énergie à même d’entraver les principaux projets d’investissements.
 
 
Il y a une année, Tamanrasset a entrepris de grands chantiers pour s’adapter au changement radical entrainé par le nouveau découpage administratif. Elle devrait se réorganiser pour accompagner In Salah et In Guezzam, puis lancer de nouveaux chantiers pour son propre développement. Quels sont les projets d’investissement prévus dans la wilaya ?
Effectivement, Tamanrasset entame une nouvelle ère durant laquelle elle va accompagner les deux nouvelles wilayas, In Guezzam et In Salah en termes d’installation des structures, mais aussi dans la gestion des projets en ce qui concerne ces  derniers qui étaient en cours de réalisation, c’est la wilaya mère  qui se chargera de leur suivi et financement. Quant aux nouveaux projets ou ceux qui ne sont pas encore entamés, ils seront transférés, de facto, aux deux wilayas et à partir de 2022 et les budgets seront alloués distinctement. Nous continuons néanmoins à assurer l’accompagnement jusqu’à l’installation de toutes les structures administratives et une autonomie définitive pour ces wilayas, notamment les commissions des marchés publics et l’établissement du budget. Il faut savoir que le nouveau découpage a permis de mieux maitriser la gestion de ces collectivités au vu des grandes distances. Maintenant,  la superficie de la wilaya a été significativement réduite et la Daïra la plus éloignée est devenu Tazrouk,  située à 280 Km au sud-est de la wilaya, sachant que Tamanrasset renferme désormais cinq communes à savoir Tamanrasset,  In Amguel,  Tazkouk,  Idles, Abalessa. Cependant, la wilaya a été impactée par ce découpage dans la mesure où elle a perdu une ressource fiscale très importante qu’elle générait de Taxe des produits pétroliers (TPP),  des champs gaziers d’In Salah. Et pour combler ce vide, la wilaya prévoit de  revoir sa stratégie de développement local en encourageant l’investissement dans tous les domaines, notamment le tourisme et les mines.

 

Justement,  pouvez-vous nous parler des projets d’investissement prévus dans le secteur minier ?
On n’est pas sans savoir que Tamanrasset recèle de richesses inestimables en termes de mines, et que l’Etat mise beaucoup sur ce secteur  dans la relance économique. Je tiens à préciser que nous avons à notre niveau 16 dossiers déposés par des investisseurs dans l’extraction et la transformation de marbre et de granit, dont deux entreprises sont en phase de production et le reste est en cours de mise en œuvre. Et pour inciter les investisseurs à venir implanter leurs projets dans la wilaya, l’octroi des gisements se fait selon deux modes. Il y a l’attribution de gré à gré pour tout investissement relatif à la création d’une usine de transformation locale, tandis que les projets limités à l’extraction, l’attribution des gisements se fait par voie d’adjudication au niveau de  l’Agence nationale des mines (ANAM).

 

Qu’en est-il de la prospection et l’extraction des pierres précieuses et  l’exploitation artisanale de l’or ?
L’exploitation de l’or s’opère selon deux modes. Industriel ou artisanal. Elle  revêt une double dimension économique et sécuritaire. Concernant l’exploitation artisanale, l’Etat a décidé de redynamiser ce secteur en encourageant les jeunes de la région à s’organiser dans des coopératives de 5 à 10 personnes et à bénéficier des dispositifs de l’emploi,  tels que l’Angem et l’ANSEJ. Mais les sites autorisés à l’exploitation sont limités à 91 variant entre 5 à 20 ha et l’opération d’extraction devrait se conformer à un certain nombre de conditions de respect de l’environnement. Au cas où la teneur du site est dérisoire, les exploitants peuvent bénéficier d’un changement de site. Après l’extraction, le produit brut de l’or sera récupéré par l’Entreprise d’exploitation des mines d’or (ENOR). Il y a aussi l’extraction mécanique de l’or qui se fait selon le mode d’adjudication et concerne trois sites. Outre l’aspect économique, l’Etat tend à travers la relance de cette activité à sécuriser les sites recelant l’or du pillage mené par les groupes de la contrebande agissant sous couvert de migrants clandestins. Pour ce qui est des pierres précieuses et semi-précieuses, il sera question de mettre en place le même dispositif pour permettre la prospection et l’extraction, de manière légale dans le but de faciliter le travail des artisans spécialisés en bijouterie traditionnelle.
 
Tamanrasset fait l’objet d’une extension, est-ce qu’il y aura des zones industrielles dans la nouvelle ville?
Il y a une seule zone industrielle  en cours de réalisation à Tamanrasset. Autrement,  la wilaya est dotée d’une zone d’activité renfermant 220 unités, dont la majorité est dans le domaine de l’agroalimentaire,  à l’image des laiteries et des limonaderies. Et pour optimiser l’exploitation de cette zone, la wilaya a lancé une opération d’assainissement visant à cerner et régler toutes les contraintes d’ordre administratif. Et si le problème se pose au niveau de l’opérateur, ce dernier devrait entreprendre le projet d’activité sous peine de restituer le foncier octroyé pour le mettre à la disposition d’autres investisseurs. Toutefois, la wilaya souffre d’un sérieux problème qui pourrait freiner la machine économique, à savoir le problème d’énergie, car elle n’est pas reliée au réseau national et les stations locales de production ne suffisent pas pour couvrir la consommation domestique et celle des industriels, d’autant plus que le secteur minier est en même temps énergivore et primordial pour le développement de la wilaya. Je vous cite l’exemple de l’usine de Granittam dont la mise en œuvre entière  demande une capacité globale de 8 mW d’électricité et à défaut de pouvoir satisfaire cette demande, elle fonctionne à seulement un mégawatt, ce qui freine un peu l’opérateur économique.
 
Dans ce cas, quel palliatif préconisez-vous pour remédier à ces carences énergétiques ?
Nous avons soulevé le problème au niveau central pour tenter de trouver des solutions,  et entre temps nous projetons la réalisation d’une centrale électrique solaire qui sera implantée à 15 km de l’entrée de la commune de Tamanrasset. Malheureusement, elle ne suffira toujours pas pour répondre à la demande de tous les investisseurs. Il nous reste deux possibilités. La première consiste à relier la wilaya au réseau national via le tronçon allant jusqu’à In Salah, soit 700 km, ce qui requiert des investissements faramineux. La seconde possibilité est de multiplier les centrales solaires et hybrides.
 
Vous avez indiqué que le tourisme est l’un des secteurs pivots dans  le  développement de Tamanrasset, quels sont investissements touristiques en perspective ?
Tamanrasset est une ville connue par son potentiel touristique, historique et archéologique autour de tifinagh et des différents sites de Tassili Ahhagar. Notre priorité, dans les années à venir, est d’augmenter la capacité d’accueil limitée actuellement à 7 hôtels et 11 campings avec un nombre total de 1600 lits. La wilaya dénombre également trois zones d’expansion touristiques (ZET), qui attendent la promulgation des décrets de classification. Deux se trouvent dans la commune de Tamanrasset avec une superficie de 260 ha du côté de l’aéroport au lieudit Agnar et une autre aux alentours du pic avec une surface de 40 ha. La troisième sera aménagée dans la commune d’Idlès. Ces trois ZET devraient abriter de nouvelles infrastructures hôtelières et permettre à la wilaya de rehausser sa capacité d’accueil tant un manque à gagner est énorme en termes de touristes désirant visiter la ville et ses sites, notamment en fin d’année et même durant toute la saison touristique. Il y a également un manque à gagner en termes de fiscalité locale, à savoir la taxe de séjour destinée à la caisse de l’APC. En fait, c’est toute une dynamique économique qui va se créer autour du tourisme.
 
Qui dit tourisme dit artisanat, comment les autorités locales peuvent accompagner les artisans afin de leur faciliter la vente de leurs produits, qui demeure le talon d’Achille de nombreux métiers ? 
Justement,  nous prévoyons de  soutenir les métiers de l’artisanat à travers la mise à disposition des locaux préfabriqués qui seront installés à l’entrée de la ville au profit des artisans à l’effet de leur permettre d’exposer et de vendre leurs produits. Nous envisageons aussi de booster ces métiers à travers la création de plusieurs relais routiers entre Tamanrasset  et In Salah. Ainsi, l’axe routier de 700 km sera ponctué,  tous les 50km, d’aires de repos devant comprendre des espaces commerciaux, des motels d’une dizaine de chambres et des boutiques réservées à l’artisanat, puis des  stations-service.  Les appels d’offres y afférents sont, d’ores et déjà, lancés et une fois les projets  mis en branle, nous comptons raviver ces régions désertiques à travers des projets d’habitat rural. Idem pour les axes routiers allant vers In Guezzam et Djanet.
Entretien réalisé par A. Mehdid

 

 

D’une capacité de 1.500 têtes par jour :  La ville se dote d’un abattoir moderne 
Après des années de gel, un grand abattoir moderne d’une capacité de 1.000 têtes ovines et 500 têtes bovines par jour a été inauguré récemment dans la wilaya de Tamanrasset. Depuis sa mise en service, cet abattoir a pu contribuer à l’approvisionnement des villes du Nord avec une quantité de 400 tonnes de viande rouge. Selon son gérant, Abdelkader Azzi, les équipes mobilisées peuvent assurer un fonctionnement de 24 heures sur 24,afin d’augmenter la capacité de production et répondre à la demande des autres wilayas. Azzi promet d’assurer la disponibilité de cet aliment avec des prix moins chers, notamment durant le mois de Ramadhan.
Pour sa part, le secrétaire général de la wilaya de Tamanrasset, Toufik Laiouar, précise que le projet comprend aussi une ferme pour la production de l’aliment de bétail, outre l’élevage ovin, et contribue à la création de plus de 60 de postes d’emploi permanents,  en plus des postes non permanents. La mise en service de cet abattoir s’inscrit, dit-il, dans le cadre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, concernant la régularisation et le déblocage de tous les projets d’investissement en suspens. Ainsi, le propriétaire de cet abattoir a bénéficié d’une autorisation d’exploitation exceptionnelle,  en attendant la promulgation des textes réglementaires régissant ce type de projets. Grâce à cet abattoir, les autorités locales pourront procéder à la fermeture de l’ancien abattoir, dans un état vétuste et qui constituait un véritable danger pour la santé publique.
A. M.
Collectivités locales : Des formations pour une mise à niveau des élus
Après l’installation des cinq nouvelles Assemblées populaires communales ainsi que l’Assemblée de la wilaya, Tamanrasset prévoit, incessamment, des formations au profit des nouveaux élus issus des élections du 27 novembre passé. Initiée par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, ces sessions de formation se veulent une mise à niveau pour expliquer aux P/APC la gestion les collectivités locales et les initier aux notions de base, notamment les marchés publics et le budget d’une commune et les programmes communaux de développement (PCD). C’est ce qu’indique le SG de la wilaya de Tamanrasset, Toufik Laiouar, précisant que la formation concerne, dans un premier temps, les formateurs, puis les élus. Il ajoute que les APC sont tenues de réserver, selon les besoins et les moyens, un taux précis de leur budget à la formation du personnel dans diverses spécialités.
A. M.

 

Coopération algéro-nigérienne : De nouveaux mécanismes pour contrôler le flux migratoire
La question des migrants subsahariens est l’un des dossiers clés de la coopération sécuritaire algéro-nigérienne que les autorités des deux pays veulent sceller à travers d’autres actions pour mieux gérer le flux migratoire. C’est dans cette optique que plusieurs rencontres ont été tenues entre les autorités locales de la commune de Tamanrasset et des délégations nigériennes venues d’Arlit et d’Agadez, en marge du Salon international de l’Assihar organisé du 26 décembre 2021 au 8 janvier 2022, en vue d’examiner la possibilité de dégager des mécanismes permettant l’organisation du déplacement des personnes et leur accueil, ainsi que le développement des zones frontalières. «Le Niger est le seul pays avec qui nous avons conclu une convention relative  à la reconduction aux frontières des migrants clandestins. On dénombre, en ce moment, près de 1200 migrants dans le centre et qui seront acheminés prochainement au Niger, sachant que nous organisons des opérations similaires presque chaque mois», affirme le SG de la wilaya de Tamanrasset, Toufik Laiouar. Ces rencontres font suite à la 7e session du Comité mixte frontalier algéro-nigérien tenu en octobre dernier et dont les congressistes ont mis l’accent sur l’impératif de la sécurisation des frontières. C’est d’ailleurs dans ce sens que les deux parties envisagent de mettre en place des mécanismes permettant aux migrants en quête d’emploi de travailler à Tamanrasset dans le cadre d’un contrat de travail limité et renouvelable,  si la personne fait preuve de bonne conduite.
A. M.

 

Exportations : La diversification des produits s’affirme 
La wilaya de Tamanrasset a connu, l’année dernière, un rebond des exportations réalisées dans le cadre du commerce de troc frontalier sur le plan quantitatif et qualitatif. Selon le bilan des 11 premiers mois de l’année 2021 communiqué par le directeur du commerce et de la promotion des exportations de la wilaya, Mansouri Kamel, une tendance de diversification des produits exportables hors hydrocarbures est en train de s’affirmer. Il s’agit d’une quantité globale de dattes séchées estimée à 51.618,4 tonnes, de produits détergents avec 8.325,52 tonnes, tandis que l’huile d’olive a enregistré un volume de 599.000 litres,  fait-il savoir. Pour ce qui est des exportations de l’année 2020, elles se limitent aux seules dattes séchées avec un volume global de près de 376.000 tonnes. Ces produits, précise-t-il, ont été destinés au Niger. «L’amélioration constatée en termes de diversification des produits exportables est le résultat des efforts consentis par les services de la Direction du commerce à travers des réunions avec les commerçants de troc pour les inciter à élargir les marchandises en fonction de la liste des produits autorisés pour le troc», dit-il. Par ailleurs, la wilaya tend à encourager les opérateurs économiques à se lancer dans l’exportation libre. C’est le cas de l’entreprise Naftal qui a procédé, en décembre dernier, à l’exportation d’une première cargaison de bitume estimée à 130 tonnes, d’une valeur de 26 millions d’euros vers le Niger. Cette transaction s’inscrit dans le cadre d’un contrat conclu avec la société nigérienne Sonefet s’étale jusqu’à la fin de 2022, selon Mohamed Kachroud, directeur du Centre de développement des affaires de Naftal. De même qu’il est prévu d’élargir ce contrat à d’autres produits lubrifiants, alors que les opérations d’exportation se feront, à l’avenir, par voies terrestre et maritime, ajoute-t-il. Ce Centre de production de bitume de Tamanrasset est l’un des 15 centres que l’entreprise Naftal compte à travers le territoire national, dont la capacité de production avoisine les 500 tonnes. Il vise essentiellement à répondre aux besoins du secteur des travaux publics en la matière, d’autant plus que la wilaya connaît, en ce moment, l’ouverture de plusieurs chantiers de développement local.
A. M.